31 décembre 2007

Fragments d'une terre infernale

Dario Argento ne livre jamais deux fois le même film. Décidant de tourner le dos à l'esthétique de Suspiria et Inferno, le cinéaste y montre une verve d'inspiration sans pareil qui intègre le fantastique au réel de manière inédite et sauvage. La Terza Madre est son meilleur film depuis Le Syndrome de Stendhal. La Terza madre, ultime volet de la trilogie des trois mères après Suspiria et Inferno était attendu avec autant d'impatience que de scepticisme. Comment Argento allait-il s'y prendre 27 ans après avoir livré son film le plus... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 15:26 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

26 juin 2007

La mort marraine

Loin de la pochade gore annoncée, le film d'Alexandre Bustillo et Julien Maury distille une tension croissante dans laquelle le déluge sanglant côtoie une épouvantable beauté. Un voyage éprouvant qui laisse le spectateur sonné et qui, malgré ses nombreuses imperfections, redonne foi en le cinéma de genre français . En écoutant les propos de Julien Maury et Alexandre Bustillo, il était permis d'être circonspect quant à leur démarche et à leur ambition créatrice. A les entendre ressasser durant le tournage leur amour pour le gore qui... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 23:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 mai 2007

Pagan poetry

Réduit un peu trop hâtivement à un specimen d'épouvante anglaise des années 70 parmi d'autres, The Blood on Satan's claw est pourtant bien plus que cela : Piers Haggard s'éloigne des productions de l'époque pour nous offrir un beau film de sorcellerie rurale, plein de magie et de poésie, dont toute l'originalité réside en une approche du fantastique résolument réaliste. Il est des films dont la qualité surprend le spectateur au moment où il s’y attend le moins. Il s’installe pour passer un bon moment de peur à l’anglaise, à la... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 18:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
20 mars 2007

L’évolution de l’héroïne chez Dario Argento : quatre noms pour un seul visage (3/3)

4- L’expérience de la douleur : de l’élévation à la chute. Ces quelques petites fleurs parvenant encore à pousser sur le fumier attirent les regards les plus fous de ceux qui veulent à tout prix les initier. Elles sont des élues. Dans Phenomena, Opera, Trauma, et Le Syndrome de Stendhal : Argento éprouve ses héroïnes par la souffrance et la perversité : tantôt elles sombrent, tantôt elles sont sauvées.  Tous les films d’Argento prennent la forme d’une initiation au Mal et d’une expérience présente... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 23:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
14 mars 2007

L’évolution de l’héroïne chez Dario Argento : quatre noms pour un seul visage (2/3)

2- Le monde comme un conte de fées : métamorphoser pour s'évader Lorsque le réel devient insupportable, il faut le métamorphoser. Le regard d’enfant sert de cuirasse à l’héroïne. Première « Alice » d’Argento, Jennifer inaugure une apologie de la différence, que l’on retrouvera dans ses 3 œuvres suivantes. Phenomena peut se définir comme un conte de fées, certes souvent lugubre et sauvage mais qui rappelle combien les contes entretiennent un rapport étroit avec le domaine de l’horreur, comme en témoigne l’œuvre des... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 10:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
07 mars 2007

L’évolution de l’héroïne chez Dario Argento : quatre noms pour un seul visage (1/3)

Réalisé en 1984, Phenomena marque un tournant dans la filmographie de Dario Argento en donnant naissance à un type d’héroïne candide et pure confrontée à l’horreur du monde et qui va s’étoffer dans Opera, Trauma et Le Syndrome de Stendhal. Jennifer, Betty, Aura, et Anna constituent les avatars du même personnage qui, à des âges différents, à des phases différentes, dans des épreuves différentes, passe progressivement de la défense de son identité à sa perte. Cette évolution procède sans doute... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
24 janvier 2007

Rituels de chairs

Pour son deuxième opus des Masters of horror, faisant fi des règles de bienséance, Dario Argento se lâche littéralement dans une farce gore exubérante d’une méchanceté réjouissante, dans laquelle l’homme devient son propre équarrisseur. Régressif et subversif. La série des Masters of horror a beau se féliciter de laisser une totale liberté à ses réalisateurs, elle ne leur impose pas moins quelques conditions évidentes, les obligeant à sacrifier au divertissement d’horreur à l’américaine. En effet, dans une certaine... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 18:31 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
21 novembre 2006

De la vie des marionnettes

Avec Lisa et le diable le poète Mario Bava nous livre son œuvre la plus singulière et la plus intime : une réflexion désespérée sur le sens de la vie déguisée en conte horrifique. Un joyau à la beauté funèbre. "Il n'y a qu'une seule conclusion à une vie d'homme et la mort est la seule chose qui vaille la peine d'y penser". Cette déclaration de Mario Bava pourrait servir d'exergue à Lisa et le Diable tant elle reste son oeuvre la plus ouvertement autobiographique, la plus révélatrice de ses... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 18:50 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
13 novembre 2006

La mélancolie du hors-champ

Prétextant une n-ième histoire de serial killer, Argento dresse un amer constat de notre rapport à l’image dans une société dominée par la médiatisation de la violence. Sobre et désabusé, Card Player démontre qu’Argento reste le grand cinéaste du regard. L’heure de l'excès baroque, des couleurs rougeoyantes et des crimes chorégraphiés est révolue. Argento a vieilli et ses héros aussi : marqués par la vie, ironiques, blasés. Plus proche d’eux, il leur donne plus d'épaisseur et de chair. S. Rocca incarne... [Lire la suite]
Posté par infernalia à 22:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]