<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>La Cave aux Crapauds</title><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/</link><description>Les perles noires &#xe0; d&#xe9;couvrir ou &#xe0; red&#xe9;couvrir. L&apos;Art dans l&apos;ab&#xee;me.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 12 Nov 2009 19:42:14 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Jess Franco, entre bis et exp&#xe9;rimental</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/06/18/9617249.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/06/18/9617249.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9617249/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/06/18/9617249.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1906.jpg&quot; /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legendeIE&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;legendeIE&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si depuis quelques ann&#xe9;es Jess Franco est en train d’acc&#xe9;der &#xe0; une forme de r&#xe9;habilitation, obtenant pour la deuxi&#xe8;me fois les faveurs d’un hommage &#xe0; la cin&#xe9;math&#xe8;que, force est de constater qu’on &#xe9;voque toujours le plaisir que procurent ses films avec un sourire au coin des l&#xe8;vres, voire un soup&#xe7;on de g&#xea;ne, sous l’&#xe9;gide du second degr&#xe9;, quelque part entre l’&#xe9;vocation du plaisir coupable du nanar et celle de la v&#xe9;ritable coh&#xe9;sion d’un auteur. Il faut bien dire qu’avec pr&#xe8;s de 200 films au compteur et 70 pseudos, aborder le ph&#xe9;nom&#xe8;ne Jess Franco donne un peu le vertige. Au sein de cette filmographie foisonnante, le livre de St&#xe9;phane de Mesnildot peut servir de fil d’Ariane pour &#xe9;vacuer le pire et s’emparer du meilleur, au sein d’un labyrinthe sem&#xe9; d’emb&#xfb;ches, emprunt de nanars pi&#xe9;g&#xe9;s ou de petits tr&#xe9;sors cach&#xe9;s. Car si Franco a ind&#xe9;niablement œuvr&#xe9; dans la s&#xe9;rie Z pour une bonne partie, l’autre n’en reste pas moins celle d’un v&#xe9;ritable cr&#xe9;ateur, auteur exp&#xe9;rimentateur qui s’empare du mat&#xe9;riau visuel, le sculpte, essaie d’en extraire le maximum de sensations allant jusqu’&#xe0; l’&#xe9;sot&#xe9;risme voire l’herm&#xe9;tisme. Premier ouvrage consacr&#xe9; &#xe0; Franco en France, le livre de St&#xe9;phane de Mesnildot, a le m&#xe9;rite de prendre le cin&#xe9;aste au s&#xe9;rieux et d’encha&#xee;ner les analyses tr&#xe8;s pertinentes visant &#xe0; d&#xe9;monter la coh&#xe9;rence, la singularit&#xe9; et la profondeur du cin&#xe9;aste, &#xe0; mettre en &#xe9;vidence son monde et ses obsessions et &#xe0; en d&#xe9;voiler toute son unit&#xe9;, &#xe0; l’aide d’un remarquable travail de recherche iconographique toujours mis en regard du texte : la preuve par l’image en quelque sorte.&amp;nbsp; Le paradoxe de Franco, qui rend son approche pour le moins compliqu&#xe9;e, tient &#xe0; ce qu’il est un cin&#xe9;aste de genre, populaire, int&#xe9;gr&#xe9; dans un circuit de pur cin&#xe9;ma d’exploitation qui multipliait les productions annuelles pour un budget minimum, et que c’est &#xe0; l’int&#xe9;rieur de ces œuvres au but purement lucratif avec son lot de figures impos&#xe9;es en sexe et en horreur, que Franco exp&#xe9;rimente, cr&#xe9;e des formes, d&#xe9;structure, casse et reconstruit… et &#xe9;chafaude un univers qui n’ob&#xe9;it &#xe0; aucune r&#xe8;gle commune. St&#xe9;phane de Mesnildot lance des comparaisons aussi os&#xe9;es que pertinentes comme cette comparaison des sc&#xe8;nes d’onanisme du &lt;em&gt;Silence&lt;/em&gt; de Bergman avec celle fr&#xe9;n&#xe9;tique de &lt;em&gt;Doriana Grey&lt;/em&gt; qu’il relie entre elles par cette absence de plaisir commune et la douleur qu’elles expriment. A l’heure de cette obsession de l’introduction du sexe non simul&#xe9; au sein du cin&#xe9;ma dit &#xab; normal &#xbb; on s’aper&#xe7;oit que Franco avait d&#xe9;j&#xe0; r&#xe9;pondu &#xe0; pas mal de questions. La singularit&#xe9; du cin&#xe9;ma de Franco tient &#xe0; cette int&#xe9;gration d’une d&#xe9;marche de recherche constante de nouveaux langages visuels ou de nouvelles structures narratives au sein d’un cin&#xe9;ma qui a priori ne s’y pr&#xea;te pas, prenant le risque d’&#xea;tre mal interpr&#xe9;t&#xe9;. On peut sans peine en d&#xe9;duire une certaine malice de la part de Franco dans cet effet de trompe l’œil. En effet il est difficile d’imaginer le public originellement vis&#xe9; comme avide d’exp&#xe9;rimentation formelle et la singularit&#xe9; risque de lui &#xe9;chapper. Les productions Eurocin&#xe9; &#xe9;taient plus reconnues pour leur m&#xe9;lange &#xe9;rotico-fantastique que pour leur singularit&#xe9; formelle. Inversement, l’amateur de cin&#xe9;ma exp&#xe9;rimental n’aura probablement pas l’id&#xe9;e d’aller puiser chez Franco mati&#xe8;re &#xe0; d&#xe9;battre. Ainsi, &lt;em&gt;Vampyros Lesbos&lt;/em&gt; risque de provoquer l’ennui ou la perplexit&#xe9; chez le spectateur que le potentiel du champ lexical des &#xab; vampires lesbiennes &#xbb; a attir&#xe9; et seule la deuxi&#xe8;me vision permet d’en saisir toute la valeur d’abstraction, d’exp&#xe9;rimentation, et de variation. Pour appr&#xe9;cier toute l’originalit&#xe9; de Franco il faut en quelque sorte y &#xea;tre intronis&#xe9;, et pouvoir s’adapter &#xe0; un processus cin&#xe9;matographique in&#xe9;dit. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1917.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; Mesnildot &#xe9;voque le jeu ironique de Franco avec les mythes qui ne cesse de tourner autour des m&#xea;mes figures (vampirisme, monstre de Frankenstein). De cet amour du gothique surgit son h&#xe9;ros maudit, produit hybride des influences litt&#xe9;raires et cin&#xe9;ma (Mabuse, Jeckyll, Jack l’&#xe9;ventreur) qui finit par constituer un mythe &#xe0; lui tout seul au sein de sa filmographie. Il y a une famille de monstres r&#xe9;guliers de Franco (Orloff, Comtesse Karlstein, Morpho..), lui m&#xea;me apparaissant souvent au sein de ses propres films comme un substitut du cin&#xe9;aste, en docteur t&#xe9;moin ou enqu&#xea;teur. Chez Franco, le mythe fantastique est malmen&#xe9;, son cin&#xe9;ma agissant &#xe0; la fois comme une d&#xe9;claration d’amour et un pied de nez ainsi qu’un &#xab; rituel de d&#xe9;nudation de pulsions &#xbb; : les vampires qui prennent des bains de soleil dans Vampyros Lesbos, au del&#xe0; de l’aspect ironique, pr&#xe9;figurent presque la vision du vampirisme comme une maladie mentale. Aussi la mythologie fantastique lui permet-elle de poursuivre une recherche presque introspective dans lequel le th&#xe8;me privil&#xe9;gi&#xe9; du vampirisme vient m&#xe9;taphoriser celui de la solitude, de la perte d’identit&#xe9;, et de l’identit&#xe9; sexuelle. Le lieu d’isolement dans lequel Franco met ses &#xab; cr&#xe9;atures &#xbb; en sc&#xe8;ne les extraient hors du r&#xe9;el, vers la folie, vers le d&#xe9;doublement (&lt;em&gt;She Killed in extasy&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Vampyros Lesbos&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Eugenie&lt;/em&gt; etc..), ou comme &lt;em&gt;Doriana Grey&lt;/em&gt; vers l’hyst&#xe9;rie et les spasmes. Franco est un cin&#xe9;aste de l’image mentale au point que certaines de ses œuvres se d&#xe9;roulent int&#xe9;gralement &#xe0; l’int&#xe9;rieur de la t&#xea;te de ses h&#xe9;ro&#xef;nes, qu’il s’agisse d’Une vierge chez les morts vivants, du &lt;em&gt;Miroir obsc&#xe8;ne&lt;/em&gt;, ou d’&lt;em&gt;Eug&#xe9;nie&lt;/em&gt;, on s’aper&#xe7;oit que le voyage n’a &#xe9;t&#xe9; qu’int&#xe9;rieur et qu’elles n’ont pas boug&#xe9; de leur chambre, des r&#xea;ves de jeunes filles en quelque sorte entre fantasmes et pathologie. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1909.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; Franco est un sensuel, qui met la femme – et parfois m&#xea;me seulement le sexe f&#xe9;minin – au centre d’un r&#xe9;seau extr&#xea;mement complexe finissant litt&#xe9;ralement par envahir son œuvre. Chacun de ses films r&#xe9;v&#xe8;le un amour ind&#xe9;niable de la femme, entre corps et &#xe2;me, entrem&#xea;lant l’obsession purement sexuelle et l’obsession amoureuse. Il la met toujours en sc&#xe8;ne dans son &#xe9;tat de victime sacrifi&#xe9;e, dans une repr&#xe9;sentation de la &#xab; passion &#xbb; dans sa double acception. Cette fusion de l’attirance du charnel pur (&#xab; Je suis un obs&#xe9;d&#xe9; &#xbb; d&#xe9;clarait-il r&#xe9;guli&#xe8;rement aux journalistes avides de ce type de r&#xe9;ponse) et d’une v&#xe9;ritable interrogation sur la f&#xe9;minit&#xe9; et la mani&#xe8;re dont les m&#xe2;les profitent de leur place dominante (sexuelle, politique, religieuse) pour la maltraiter g&#xe9;n&#xe8;re un trouble grandissant. C’est probablement ici m&#xea;me que s’exprime le plus le souvenir douloureux du franquisme, alli&#xe9; &#xe0; une attaque permanente de l’ordre religieux pour celui qui avoue r&#xe9;guli&#xe8;rement ne vraiment pas avoir eu de chance en s’appelant &#xe0; la fois &#xab; J&#xe9;sus &#xbb; et &#xab; Franco &#xbb;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1914.jpg&quot; /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legendeIE&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A ce titre, l’œuvre de Sade rode autour de celle de Franco mais dans une &#xe9;trange relecture qui &#xe9;pouse toujours le point de vue de la victime, pour se mettre &#xe0; la place de la souffrance qu’elle endure, et s’int&#xe9;resser au paysage de l’innocence et de la puret&#xe9; maltrait&#xe9;es, s’opposant ainsi &#xe0; l’ambigu&#xef;t&#xe9; de l’&#xe9;crivain qui l&#xe9;gitimait souvent l’acte du bourreau pour toute la connotation symboliquement subversive, asociale et iconoclaste qu’il constituait. On remarquera &#xe0; ce titre que les œuvres de Franco, aussi bis qu’elles soient ne se livrent que tr&#xe8;s rarement &#xe0; la tradition du happy end et qu’en g&#xe9;n&#xe9;ral le plus fort a toujours raison de sa victime, l’issue laissant souvent le spectateur dans un &#xe9;tat incertain face &#xe0; une grande noirceur qu’il ne s’attendait pas &#xe0; trouver en ce type d’images.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1910.jpg&quot; width=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; Franco semble poursuivre &#xe0; travers chacun de ses films les variations autour d’un m&#xea;me th&#xe8;me, voire d’un m&#xea;me personnage, que viennent souligner les visages r&#xe9;currents de son cin&#xe9;ma (Howard Vernon, Lina Romay, Soledad Miranda, Paul Muller etc…), comme s’il s’agissait du m&#xea;me film se d&#xe9;roulant sous nos yeux, mais comme une mati&#xe8;re changeante, mall&#xe9;able, modifiable &#xe0; souhait. En grand admirateur du jazz (et en particulier de Chet Baker), Franco con&#xe7;oit le cin&#xe9;ma comme un espace d’improvisation et de variation et estime lui-m&#xea;me travailler sur l’image comme un instrumentiste travaille sur les notes. On pourrait qualifier le cin&#xe9;ma de Franco de free movie. Rien d’&#xe9;tonnant &#xe0; ce qu’il multiplie de tr&#xe8;s longues s&#xe9;quences dans des clubs de jazz, qui servent souvent de d&#xe9;cors &#xe0; des strip-tease, mettant ainsi souvent en parall&#xe8;le deux modes de d&#xe9;nudation, l’un musical, l’autre charnel.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; height=&quot;197&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1912.jpg&quot; width=&quot;518&quot; style=&quot;WIDTH: 518px; HEIGHT: 197px;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; Le cin&#xe9;ma primitif que construit Franco &#xe9;voque immanquablement l’expression primitive d’un art tribal tel que le d&#xe9;crit Artaud dans &lt;em&gt;Le Th&#xe9;&#xe2;tre et son double&lt;/em&gt;, qui &#xe9;tablit un rapport direct avec l’essence pulsionnelle de l’homme sans passer par la traduction du langage. En tendant vers une pratique o&#xf9;, comme le dit St&#xe9;phane de Mesnildot citant Freud &#xab; comme dans une langue primitive sans grammaire, seul le mat&#xe9;riau brut de la pens&#xe9;e est exprim&#xe9;, l’abstrait est ramen&#xe9; au concret &#xbb;, le cin&#xe9;aste se rapprocherait de l’Art brut. St&#xe9;phane de Mesnildot souligne tr&#xe8;s justement que Franco cr&#xe9;e un cin&#xe9;ma de premier jet, comme &#xab; un flot naturel &#xbb;. Il filme comme il respire, ce qui donne souvent &#xe0; son oeuvre outre son aspect brouillon, la sensation qu’elle se construit sous nos yeux, en live, qu’elle s’improvise avec ses coups de g&#xe9;nie, ses &#xe9;clairs d’inspiration brusques et ses scories, un cin&#xe9;ma unique dans sa dimension non pr&#xe9;m&#xe9;dit&#xe9;e, non calcul&#xe9;e. Un d&#xe9;tail sur un mur le distrait? Franco zoome. Un &#xe9;l&#xe9;ment fascinant dans le paysage ? Franco zoome. Les poils pubiens de l’actrice l’attirent ? Franco zoome. On peut apparenter le zoom &#xe0; un outil vulgaire et peu d&#xe9;licat, mais chez Franco il s’agit &#xe9;galement d’un moyen d’expression particuli&#xe8;re pour exprimer l’imm&#xe9;diatet&#xe9;, l’instantan&#xe9;it&#xe9; du regard, et qui finalement g&#xe9;n&#xe8;re une narration in&#xe9;dite. &#xab; Je fais des zooms parce que je n’ai pas assez d’argent pour louer un travelling mais aussi parce que j’aime le zoom. Je fais des flous parce que je trouve &#xe7;a tr&#xe8;s beau un flou, quelquefois ; d’ailleurs souvent au labo les techniciens rousp&#xe8;tent en disant qu’il y a trop de m&#xe8;tres de pellicules floues et que le point &#xe9;tait mal fait, alors que moi c’&#xe9;tait expr&#xe8;s que j’avais film&#xe9; flou &#xbb;. Franco avoue d’ailleurs filmer souvent sans d&#xe9;coupage et parfois m&#xea;me improviser totalement enti&#xe8;rement, au gr&#xe9; d’un d&#xe9;cor devant lequel il passera et qui lui plaira, ou d’une &#xab; gueule rencontr&#xe9;e par hasard &#xbb;. C’est ici m&#xea;me que le cin&#xe9;ma de Franco expose un art de l’attirance spontan&#xe9;e, de l’obsession, et de la fascination dans laquelle chacun des plans respire le cin&#xe9;aste qui les vit derri&#xe8;re la cam&#xe9;ra. Il y a en quelque sorte cette urgence de filmer, cette urgence de montrer ce qui le meut dans l’instant pr&#xe9;sent. L’image se confond litt&#xe9;ralement avec l’œil du cr&#xe9;ateur qui observe et qui nous transmet son propre d&#xe9;sir, son obsession. Etrange exp&#xe9;rience d&#xe9;stabilisante, d&#xe9;concertante et unique au sein d’un cin&#xe9;ma qui va au del&#xe0; du cin&#xe9;ma. Les raccords d’une sc&#xe8;ne &#xe0; l’autre fonctionnent comme des associations d’id&#xe9;es, multipliant les formes (lignes, ronds, carr&#xe9;s, triangles) entrem&#xea;lant un remarquable travail de retranscription de la conscience par l’image &#xe0; un &#xe9;tonnant r&#xe9;seau de symboles. Tout n’est alors que r&#xe9;p&#xe9;tition, figure r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;e, comme celui du scorpion ou bien des lignes verticales et horizontales sugg&#xe9;r&#xe9;es par un filet de sang coulant sur une vitre dans &lt;em&gt;Vampyros Lesbos&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1916.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;Si l’on peut parfois reprocher &#xe0; Mesnildot d’&#xea;tre parfois bien indulgent avec certaines de ses œuvres, il exprime encore parfaitement comment Franco met en sc&#xe8;ne dans son œuvre le paysage fantasmatique, tendant ainsi vers l’abstrait. Zoom et gros plan chez Franco participent &#xe0; cette abstraction, cette mise en place d’un &#xab; espace mol&#xe9;culaire &#xbb; dans lequel les perspectives se confondent. L’emploi r&#xe9;current du zoom et du gros plan sert aux d&#xe9;clinaisons incessantes des m&#xea;mes id&#xe9;es qui font montrer l’image du corps dans le vertige de l’infini et de l’invisible. Le gros plan transforme l’infiniment petit de la peau en un paysage &#xe0; perte de vue. Ainsi comme le souligne le titre du livre de Mesnildot, Franco serait un cin&#xe9;aste du fantasme pur, du - &#xab; et si tout cela n’&#xe9;tait qu’un r&#xea;ve &#xbb; - dans lequel chacun des films pourrait n’&#xea;tre qu’une longue vir&#xe9;e dans le subconscient. Si le cin&#xe9;ma est capable de mettre en image la psychanalyse, alors le cin&#xe9;ma de Franco semble en &#xea;tre l’un des meilleurs repr&#xe9;sentants, d’o&#xf9; cette d&#xe9;sinhibition constante, cette repr&#xe9;sentation de l’interdit de la mani&#xe8;re la plus directe, la plus brute, comme un d&#xe9;sir de mat&#xe9;rialiser &#xe0; l’image le fantasme le plus inavou&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1915.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; La place de Franco dans ce qu’il a de meilleur (car effectivement le caract&#xe8;re tr&#xe8;s in&#xe9;gal de son œuvre est un gros probl&#xe8;me) serait quelque part entre le cin&#xe9;ma et l’exp&#xe9;rimentation de l’Art contemporain, en particulier dans une intellectualisation du plus trivial des genres cin&#xe9;matographiques qui &#xe9;tablit la pornographie comme un r&#xe9;servoir de fantasmes et de symboles. Aussi s’aper&#xe7;oit-on que loin de s’inscrire dans la tradition du cin&#xe9;ma X des ann&#xe9;es 80 l’emploi de la pornographie chez Franco ob&#xe9;it souvent &#xe0; un processus de r&#xe9;p&#xe9;tition et d’abstraction des formes. Franco serait comme un Courbet du cin&#xe9;ma qui aurait peint et re-peint &lt;em&gt;l’origine du monde&lt;/em&gt;, un cin&#xe9;aste d&#xe9;finitivement port&#xe9; par une obsession du sexe f&#xe9;minin, qui finirait litt&#xe9;ralement par engloutir son œuvre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Ref&#xe9;rences : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Jess Franco : Energies du fantasme &lt;/em&gt;de St&#xe9;phane Du Mesnildot, Edit&#xe9; par Rouge Profond, 2004&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt; &lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.culturopoing.com/Blogs/Cinema.php?Id=923&quot;&gt;R&#xe9;trospective Jess Franco &#xe0; la cin&#xe9;math&#xe8;que, du 18 juin au 31 juillet 2008 &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 18 Jun 2008 09:33:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;arche du vieux Tag</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/05/08/9102173.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/05/08/9102173.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9102173/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/05/08/9102173.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1646.jpg&quot; /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Dans le magnifique &lt;em&gt;Austeria&lt;/em&gt;, Jerzy Kawalerowicz fait passer le souffle de l’Histoire par la r&#xea;verie. Entre le r&#xe9;alisme et le fantasmatique, la r&#xe9;flexion sur le r&#xe9;el trouve sa signifiance dans la vigueur de la fiction. &#xab; 1914 : le premier jour de la guerre &#xbb;, pr&#xe9;vient le carton &#xe0; la fin du g&#xe9;n&#xe9;rique, t&#xe9;moignant de ce partage entre pr&#xe9;cision chronologique et valeur symbolique d’un jour embl&#xe9;matique dans lequel le d&#xe9;but traduit et anticipe la fin inexorable.&lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’argument d’&lt;em&gt;Austeria&lt;/em&gt; est somme toute assez simple : nous suivons le parcours de quelques hommes et quelques femmes, jeunes et vieux, toutes castes confondues qui, apprenant la guerre et l’arriv&#xe9;e des cosaques fuient ensemble pour &#xe9;viter les bombes avant d’&#xea;tre contraints de rebrousser chemin et de se r&#xe9;fugier &#xe0; l’auberge du vieux Tag lors d’une nuit d&#xe9;terminante. Les personnages pittoresques, presque picaresques, de femme adult&#xe8;re, de mari sagement tromp&#xe9;, de jeunes amoureux fougueux, de comtesse ou de juif hassidique.. insufflent &#xe0; l’ensemble un ton enlev&#xe9;, ironique, &#xe0; l’allure de conte yiddish et rappelle parfois l’univers de I.B.Singer. Vu au travers des histoires particuli&#xe8;res, le drame collectif n’en prend que plus d’ampleur. A ce titre, dans sa sc&#xe8;ne d’ouverture, Kawalerowicz met en sc&#xe8;ne la fuite du groupe comme un v&#xe9;ritable exode. Il part du microcosme, de l’anecdotique et du fictif pour atteindre l’universel. Quelques visages pour parler d’un peuple, un lieu symbolique pour &#xe9;voquer le monde, magnifique vision de l’histoire regroup&#xe9;e autour de ce lieu m&#xe9;taphorique, au milieu de nulle part, d’o&#xf9; on entend siffler les balles, mais dont les volets semblent prot&#xe9;ger les &#xe2;mes : &lt;em&gt;Austeria&lt;/em&gt; file la m&#xe9;taphore du d&#xe9;luge – le pogrom - auxquels tous veulent &#xe9;chapper ; cette arche de Tag leur sert de carapace, de protection de quelques heures, mais une fois sortis de ce cocon la destin&#xe9;e reprend ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1643.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cet antre sert de transit entre la vie et la mort, le d&#xe9;cor se th&#xe9;&#xe2;tralisant &#xe0; la mani&#xe8;re de certaines pi&#xe8;ces existentialistes comme &lt;em&gt;Les mouches&lt;/em&gt; de Sartre et dans lesquelles l’ouverture sur l’ext&#xe9;rieur suscite la peur du vide. Cette nuit dans l’attente de la mort se lit comme une nuit de jugement dernier, une nuit de condamn&#xe9;s. Plus rien ne sert de fuir. Le vieux Tag, tout &#xe0; la fois sage et libre penseur, a raison. L’auberge se double d’une dimension presque irr&#xe9;elle, onirique, lieu de huit-clos &#xe9;touffant (rester enferm&#xe9;s pour survivre) et protecteur (c’est ici qu’ils retrouvent l’apaisement pendant un temps). Une atmosph&#xe8;re d’entre-deux flotte, soulign&#xe9;e par la pr&#xe9;sence du corps de cette jeune fille morte emport&#xe9;e par une balle perdue et par des &#xe9;clairages qui privil&#xe9;gie les heures entre chien et loup, entre nuit qui tombe et petit matin, comme si chacune des minutes qui passaient venait en souligner la valeur symbolique d’aube ou de cr&#xe9;puscule de l’existence. Dans cette facult&#xe9; &#xe0; restituer les teintes naturelles de l’int&#xe9;rieur (&#xe9;clairages doux, couleur du bois…) comme de l’ext&#xe9;rieur (verts de la campagne, chemins) et de capter la lisi&#xe8;re du jour et de la nuit, la photo rappelle celle de &lt;em&gt;La Clepsydre&lt;/em&gt;. Elle &#xe9;claire les visages de mani&#xe8;re &#xe0; saisir la beaut&#xe9; de leurs expressions, du rire &#xe0; l’&#xe9;pouvante avec une pr&#xe9;dilection pour l’innocence. Il suffit de la vision apocalyptique d’une charrette enflamm&#xe9;e au petit matin pour qu’&lt;em&gt;Austeria&lt;/em&gt; confine parfois au surr&#xe9;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1644.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;S&#xe9;rieux et moqueur, respectueux et iconoclaste, avec son art du m&#xe9;lange des tons et du contrepoint, le rire c&#xf4;toie l’inexorable et dialogue avec le tragique en une interaction constante. Aussi certains moments prennent la forme de belles oxymores d’une dr&#xf4;lerie am&#xe8;re, telle cette d&#xe9;mence des hassidiques qui ne parviennent pas &#xe0; s’emp&#xea;cher de chanter et danser quand ils sont seuls : une folie face au danger, moyen de contrer la peur de la mort, de conjurer la r&#xe9;alit&#xe9; par la force des rites. Le personnage du juif Tag se fait le porte parole de cette dualit&#xe9; : libre penseur qui philosophe tout haut et donne sa vision du monde, port&#xe9;e par une foi qu’il perd &#xab; Tu crois que je crois en dieu ? &#xe7;a devient de plus difficile. Et plus &#xe7;a m’est difficile, plus il me fait peur &#xbb;. Amoureux du corps f&#xe9;minin et &#xe0; la fois de la spiritualit&#xe9; juda&#xef;que et de l’id&#xe9;al &#xe9;picurien. &lt;em&gt;Austeria&lt;/em&gt; aborde d’ailleurs tr&#xe8;s ironiquement la notion de p&#xe9;ch&#xe9; de chair &#xe0; travers un personnage de magnifique jeune femme tout &#xe0; la fois pure et tentatrice, opposant une puret&#xe9; de la nudit&#xe9; humaine, sensuelle, &#xe0; la puret&#xe9; soit disant divine incarn&#xe9;e par les juifs hassidiques (toujours troubl&#xe9;s par une f&#xe9;minit&#xe9; qui d&#xe9;stabilise leurs pri&#xe8;res), remettant ainsi en question la notion m&#xea;me de p&#xe9;ch&#xe9;. &lt;em&gt;Austeria&lt;/em&gt; baigne &#xe0; ce titre dans un climat d’une grande sensualit&#xe9; naturelle, de libert&#xe9; des sens, et d’ode au corps. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img class=&quot;centre&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1645.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La peinture tr&#xe8;s minutieuse des traditions du peuple juif en fait transpara&#xee;tre la dichotomie, entre les diff&#xe9;rentes confessions et les rites qui leur sont conf&#xe9;r&#xe9;s. Kawalerowicz souligne le conflit entre l’individuel et le religieux et semble affirmer la supr&#xe9;matie de l’humain sur toutes les croyances (et leur hypocrisie), la force des rapports naturels, originels, spontan&#xe9;s entre les gens comme si la religion s&#xe9;parait plus les hommes qu’elle ne les aidait. Le dialogue entre Tag et le pr&#xea;tre chr&#xe9;tien abonderait dans cet &#xe9;loge d’un humanisme qui contesterait la v&#xe9;ritable utilit&#xe9; de la Foi. La religion n’est plus d’aucun recours. L’abominable s’accomplit, l’intrigue le rend irr&#xe9;ductible, mais elle reste volontairement inachev&#xe9;e, m&#xe9;taphorique ou allusive, laissant le spectateur deviner l’ampleur du drame sans le repr&#xe9;senter. Kawalerowicz, parvient g&#xe9;nialement &#xe0; maintenir cette atmosph&#xe8;re ind&#xe9;cise et duale, entre l’ombre et la lumi&#xe8;re, entre la farce et la trag&#xe9;die, entre la fable et la fresque historique. &lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 08 May 2008 11:04:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les racines du Mal</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/03/29/8519354.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/03/29/8519354.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8519354/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/03/29/8519354.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;570&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1299.jpg&quot; class=&quot;centre&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;1969 est une ann&#xe9;e phare pour Hideo Gosha qui r&#xe9;alise coup sur coup deux chefs d’œuvre : Goyokin et ce chambara cr&#xe9;pusculaire et paroxystique qu’est &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt;. Ins&#xe9;parables et antith&#xe9;tiques, ils forment une dilogie singuli&#xe8;re par la sublime oxymore qu’ils constituent. &lt;em&gt;Goyokin&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; s’opposent comme ombre et lumi&#xe8;re, quand &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; se pr&#xe9;sente comme un puissant miroir en n&#xe9;gatif de son pr&#xe9;d&#xe9;cesseur. &lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’h&#xe9;ro&#xef;sme baroque de &lt;em&gt;Goyokin&lt;/em&gt; fait &#xe9;cho la barbarie pure d’&lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt;. Le d&#xe9;luge de pluie annonciateur de la fin d’une &#xe9;poque, sinon des temps, y remplace la neige majestueuse pour s’y m&#xea;ler au sang, mais au lieu de le faire dispara&#xee;tre, il lui permet d’&#xe9;clore et de se propager, en flaques, en nuages, ou en filets emport&#xe9;s par le courant.
La s&#xe9;quence de g&#xe9;n&#xe9;rique donne le ton : c’est un Japon de supplices, de douleurs et de mort que met en sc&#xe8;ne Gosha. &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; une œuvre qui vide le jida&#xef;-geki de toute dimension de divertissement ou d’h&#xe9;ro&#xef;sme : le coup de sabre y fait mal et la lame entaille, d&#xe9;chire ou transperce profond&#xe9;ment et longuement les chairs. Loin de la complaisance, cette repr&#xe9;sentation vise &#xe0; contraindre le spectateur &#xe0; affronter la r&#xe9;alit&#xe9;, sans la lui dissimuler derri&#xe8;re les figures st&#xe9;r&#xe9;otyp&#xe9;es et l’esth&#xe9;tique d’un ballet guerrier : nulle souffrance du carnage, nulle torture de l’agonie qui ne lui soient &#xe9;pargn&#xe9;es. Ainsi, les affrontements &#xe0; l’arme blanche suscite dans &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; une irr&#xe9;pressible &#xe9;pouvante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img width=&quot;570&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1300.jpg&quot; class=&quot;centre&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors de la p&#xe9;riode troubl&#xe9;e qui &#xe9;branle le pays de la fin de l’&#xe8;re Tokugawa, le combat sans merci que se livrent une partie du Shogunat et le parti imp&#xe9;rial oppose des deux c&#xf4;t&#xe9;s les clans traditionnels, sans que ces derniers soup&#xe7;onnent qu’il leur sera fatal : loin des objectifs politiques qui vont pr&#xe9;sider &#xe0; la m&#xe9;tamorphose du Japon et &#xe0; la disparition de la f&#xe9;odalit&#xe9;, ils ne soucient que d’accro&#xee;tre et d’asseoir chacun leur pouvoir au d&#xe9;pens des autres. Cette lutte &#xe0; mort tient &#xe0; la fois du jeu de massacre et du jeu de go, avec force &#xe9;liminations, vendettas, retournements et trahisons r&#xe9;elles ou suppos&#xe9;es. Mais les r&#xe8;gles qui mettent aux prises les &#xe9;lites perdent toute apparence de raffinement d&#xe8;s que ces derniers font appel &#xe0; ceux qui leur sont inf&#xe9;od&#xe9;s de haut en bas de l’&#xe9;chelle sociale. Afin de survivre ou d’&#xe9;chapper &#xe0; leur condition, ces derniers acceptent de se faire hommes de main Hitokiri (coupeurs d’hommes), ex&#xe9;cuteurs des basses-œuvres, sous l’apparence faussement chevaleresques de samoura&#xef;s d’occasion. Ainsi, Takeshi Henpai (g&#xe9;nial et terrifiant Tatsuya Nakadai), chef de clan &#xab; loyaliste &#xbb; qui d&#xe9;fend la cause imp&#xe9;riale engage Izo, ronin cr&#xe8;ve la faim, qui deviendra rapidement le plus renomm&#xe9; de ces tueurs. Henpai exploite avec un cynisme sans scrupule la na&#xef;vet&#xe9; du pauvre h&#xe8;re qu’il m&#xe9;tamorphose en fauve sanguinaire. Convaincu d’acc&#xe9;der &#xe0; la dignit&#xe9; de samoura&#xef; de par sa sinistre r&#xe9;putation, il fait de sa bravoure meurtri&#xe8;re l’unique valeur positive, qu’il pousse jusqu’au d&#xe9;passement de soi qu’il veut h&#xe9;ro&#xef;que. Gosha &#xe9;tudie dans &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; le magnifique paradoxe de la puret&#xe9; de l’assassin. Malgr&#xe9; sa sauvagerie, Izo n’en demeure pas moins aussi na&#xef;f qu’un enfant et d’autant plus vuln&#xe9;rable. Aussi par cette impr&#xe9;cation lanc&#xe9;e &#xe0; chacune des mises &#xe0; mort, &#xab; bras du ch&#xe2;timent &#xbb;, il proclame &#xe0; son insu sa qualit&#xe9; d’instrument, de marionnette. Izo ne fait que r&#xe9;p&#xe9;ter de mani&#xe8;re mim&#xe9;tique les paroles de son ma&#xee;tre sans en saisir la teneur et toutes ses implications morales et religieuses du &#xab; ch&#xe2;timent &#xbb;, ni m&#xea;me la vraie valeur d’une &#xab; punition &#xbb; qui t&#xf4;t ou tard sera la sienne. Cette notion de &#xab; ch&#xe2;timent &#xbb; rev&#xea;t une valeur hautement symbolique chez Gosha quand le fil du sabre finira toujours par se retourner contre les protagonistes qui le manient. Car la prise de conscience du Mal qui na&#xee;t en soi devient en quelque sorte une &#xab; civilisation &#xbb; du moi, un &#xe9;veil s&#xe9;mantique, une lecture du sens d’un &#xab; mot &#xbb; qui rimera avec sa propre &#xab; mort &#xbb;. Comme il ne cessera de le d&#xe9;montrer durant son œuvre Gosha s’impose avec &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; comme l’un des grands cin&#xe9;astes du destin. &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; va bien au-del&#xe0; du genre et touche au m&#xe9;taphysique : &#xab; tuer &#xbb; n’implique aucune culpabilit&#xe9; chez Izo qui ne fait qu’ob&#xe9;ir aux ordres, accomplir une mission. Prendre la vie d’autrui n’est qu’un simple m&#xe9;tier, une technique dont il est l&#xe9;gitime de se glorifier. L’itin&#xe9;raire du paysan devenu tueur illustre cette recherche de la survie, puis de l’ambition, et de la reconnaissance sociale par le seul moyen du meurtre. L’aristocrate raffin&#xe9; se d&#xe9;douane de ses actes puisqu’en les d&#xe9;l&#xe9;guant, il ne les commet pas : le ma&#xee;tre impassible donne ses ordres &#xe0; l’ex&#xe9;cuteur en peignant ses estampes ; le notable manie le pinceau et &#xe9;tale la peinture, le pauvre brandit le sabre et verse le sang. Comme Kobayashi, Gosha s’empare du chambara &#xe0; des fins sociales et politiques, mais la r&#xe9;volte contre l’imposture part ici de la base, de l’humble en qui na&#xee;tra progressivement l’insoumission.
Henpai exploite la nature frustre de celui dont il fait son homme de confiance tant qu’il en assure le contr&#xf4;le, mais t&#xe9;moigne, par la bassesse de la t&#xe2;che qu’il lui a assign&#xe9;e du m&#xe9;pris qu’il lui porte.&amp;nbsp; C’est une vision on ne peut plus pessimiste que cette intelligence mise au service d’une corruption de la puret&#xe9;, une sorte d’&#xe9;ducation au Mal, telle qu’on pourrait la percevoir actuellement chez les&amp;nbsp; &#xab; enfants-soldats &#xbb; d&#xe9;voy&#xe9;s par des fous de guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img width=&quot;570&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1301.jpg&quot; class=&quot;centre&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’amoralit&#xe9; de l’acte est confort&#xe9;e par celle de l’&#xe9;poque elle-m&#xea;me : la c&#xe9;l&#xe9;brit&#xe9; grandit avec le pouvoir meurtrier et la terreur qu’il inspire, dans un monde o&#xf9; les &#xab; coupeurs d’homme &#xbb; et leur palmar&#xe8;s deviennent les nouvelles inspirations h&#xe9;ro&#xef;ques, les l&#xe9;gendes ne s’&#xe9;crivant plus que dans le sang. La renomm&#xe9;e croissante d’Izo que la rumeur populaire reconna&#xee;t comme le plus grand tueur de la r&#xe9;gion le conforte dans son id&#xe9;e du &#xab; bien &#xbb;, dans l’orgueil de sa bravoure et de son savoir faire, dans la fiert&#xe9; d’&#xea;tre ce qu’il est.
Au del&#xe0; de la violente r&#xe9;flexion sur le sens d’une Histoire et des petites gens manipul&#xe9;s comme des pions qu’on fait avancer pour mieux les &#xe9;craser, &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; constitue une magnifique interrogation sur le Bien et le Mal, qui r&#xe9;pondrait presque de mani&#xe8;re nihiliste aux mythes rousseauistes du bon sauvage. Izo est en quelque sorte l’animal &#xe0; apprivoiser, l’&#xea;tre primitif &#xe0; &#xe9;duquer : la rencontre avec les ma&#xee;tres de la culture dominante sonne comme la perversion, la corruption, l’&#xe9;veil au Mal, sous les traits d’une &#xe9;l&#xe9;gance &#xe0; laquelle on ne peut faire qu’aveugl&#xe9;ment confiance, &#xe9;l&#xe9;gance du verbe, de l’habit, de l’apparence, comme la prestance du Diable lui-m&#xea;me. Cette notion de &#xab; bras du ch&#xe2;timent &#xbb; se confond avec celle de service de bien public ; le mod&#xe8;le &#xe0; suivre est un trompe l’œil. Izo est le chien de son ma&#xee;tre, son esclave docile, un pantin, qui se soumet au mal (et devient le mal) sans le savoir. Il ne prendra conscience de sa qualit&#xe9; d’&#xea;tre singulier au sein de la collectivit&#xe9; que par l’exp&#xe9;rience de l’alt&#xe9;rit&#xe9;, d’autant plus qu’elle s’incarne dans une repr&#xe9;sentante du sexe faible : la prostitu&#xe9;e qui ne dispose pas de la somme n&#xe9;cessaire pour racheter sa condition, personnage opprim&#xe9; et avili autant par son statut de femme que par sa place infamante parmi les hommes. &#xab; On ne peut &#xe9;chapper &#xe0; son sort &#xbb; d&#xe9;clare Izo qui sait d&#xe8;s lors qu’il aurait du rester vagabond et que seule la mort lib&#xe8;re du joug du Mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img width=&quot;570&quot; src=&quot;http://culturopoing.com/Uploads/img1302.jpg&quot; class=&quot;centre&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Morbide jusqu’&#xe0; l’&#xe9;touffement, &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; baigne dans un climat de complots et d’assassinats d’autant plus shakespearien qu’il se fond magnifiquement &#xe0; la trag&#xe9;die individuelle. Shintaro Katsu, le c&#xe9;l&#xe8;bre Zatoichi, y trouve &#xe0; travers Izo un r&#xf4;le &#xe0; contre emploi et d’une richesse incroyable.
C’est &#xe0; une d&#xe9;mythification de l’&#xe9;thique samourai que nous convie Gosha dans un monde en pleine mutation. Comme le dit l’un des protagonistes, &#xab; le monde est en train de changer &#xbb;, lorsque&amp;nbsp; chacun s’acharne &#xe0; vouloir le voir changer &#xe0; sa mani&#xe8;re les uns pour poursuivre vers l’avanc&#xe9;e amorc&#xe9;e, les autres par le souhait du retour des anciennes valeurs et de l’empereur. Dans &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt; , le souffle &#xe9;pique se fait hal&#xe8;tement et la barbarie l’emporte dans ce combat ultime et fun&#xe8;bre des samoura&#xef;s au terme d’une &#xe9;poque r&#xe9;volue. A ce titre, la violence graphique inou&#xef;e des combats de sabre sabre, d&apos;o&#xf9; jaillissent des geysers de sang, de m&#xea;l&#xe9;es sauvages en guet-apens dans le d&#xe9;dale de ruelles t&#xe9;n&#xe9;breuses, g&#xe9;n&#xe8;re une sensation de fin d’un monde, au sein d&apos;un paysage poisseux et apocalyptique. Il ne faut absolument pas passer &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de chef d’œuvre absolu qu’est &lt;em&gt;Hitokiri&lt;/em&gt;, requiem rougeoyant et fi&#xe9;vreux.
&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 28 Mar 2008 23:34:00 GMT</pubDate></item><item><title>La monstrueuse parade (du monde)</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/03/03/7958545.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/03/03/7958545.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7958545/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/03/03/7958545.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/19/66/209286/22161212.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: left;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;428&quot; height=&quot;241&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/76/90/209286/22816284.jpg&quot; alt=&quot;malformed55&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Entre classicisme et cin&#xe9;ma d’exploitation pure, &lt;em&gt;Horrors of malformed men&lt;/em&gt; reste une merveille de po&#xe9;sie corrompue, immanquable pour tout amateur d’imaginaire d&#xe9;cal&#xe9;. Par le biais du conte d’&#xe9;pouvante, Teruo Ishii dresse une fantasmatique vision du japon d’apr&#xe8;s guerre et de ses hantises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;L’inqui&#xe9;tant regard d’une femme au visage blafard et silencieux perce l&apos;obscurit&#xe9;. La cam&#xe9;ra descend lentement le long du corps, d&#xe9;couvre ses seins, puis le couteau qu’elle tient entre ses mains et d&#xe9;place de gauche &#xe0; droite, et suis le mouvement de la lame &#xe0; hauteur de son visage avant qu&apos;un plan large ne d&#xe9;couvre la cellule d&apos;un asile psychiatrique, emplie des hurlements d’une foule grouillante de femmes. &lt;em&gt;Horrors of malformed men&lt;/em&gt; frappe d&#xe8;s les premi&#xe8;res s&#xe9;quences par son esth&#xe9;tique ahurissante : le contraste des couleurs primaires, du rouge sang au noir des t&#xe9;n&#xe8;bres semble faire &#xe9;merger les visages de la p&#xe9;nombre, tandis que la ma&#xee;trise du cadrage g&#xe8;re l’espace en utilisant &#xe0; merveille les ressources du cin&#xe9;mascope. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’œuvre d’Edogawa Rampo fut pour le cin&#xe9;ma japonais des ann&#xe9;es 70 une source d’inspiration f&#xe9;conde pour des monuments d’&#xe9;tranget&#xe9; dont l’univers continue de nous fasciner aujourd’hui. Avec le chef d’œuvre de Musumura &lt;em&gt;La B&#xea;te aveugle&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Horror of Malformed man&lt;/em&gt; de T. Ishii est probablement l’une des adaptations de Rampo les plus &#xe9;tonnantes qui soient en terme d&apos;ovni cin&#xe9;matographique.&lt;/font&gt; &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/46/37/209286/22161203.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;280&quot; height=&quot;169&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/46/37/209286/22161203_p.jpg&quot; alt=&quot;malformed1&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/51/59/209286/22161225.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;280&quot; height=&quot;169&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/51/59/209286/22161225_p.jpg&quot; alt=&quot;malformed2&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/72/30/209286/22238943.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;280&quot; height=&quot;169&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/72/30/209286/22238943_p.jpg&quot; alt=&quot;malformeda1&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/07/84/209286/22161291.jpg&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/07/84/209286/22161291.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;280&quot; height=&quot;169&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/07/84/209286/22161291_p.jpg&quot; alt=&quot;malformed3&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/07/84/209286/22161291.jpg&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;
&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/97/62/209286/22161246.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;280&quot; height=&quot;169&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/97/62/209286/22161246_p.jpg&quot; alt=&quot;malformed4&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/07/38/209286/22161304.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;280&quot; height=&quot;169&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/07/38/209286/22161304_p.jpg&quot; alt=&quot;malformed5&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;L&apos;incroyable s&#xe9;quence d&apos;ouverture en trompe l&apos;oeil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;De fait, &lt;em&gt;Horrors of malformed men&lt;/em&gt; se situe au carrefour d’inspirations contradictoires, entre le trivial et le sublime, quand l&apos;h&#xe9;ritage de l&apos;art traditionnel japonais rencontre une veine de baroque d&#xe9;cadent. Les freaks, l’univers sacril&#xe8;ge d’une inversion des valeurs, la jonction de l&apos;&#xe9;rotisme grotesque et de la splendeur de la po&#xe9;sie pure de ce beau conte cruel et d&#xe9;lirant &#xe9;voquent tout autant le Maruo de &lt;em&gt;La Jeune fille aux cam&#xe9;lias&lt;/em&gt; que les estampes les plus morbides ou les plus incongr&#xfb;ment oniriques d&apos;Hokusai, telle sa &lt;em&gt;Femme serpent fumant&lt;/em&gt;. Ce n&apos;est pas le moindre des paradoxes que ce soit dans cet entre-deux h&#xe9;t&#xe9;roclite que l&apos;oeuvre trouve sa profonde unit&#xe9; m&#xea;me. Evoquant l&apos;anormalit&#xe9;, elle s&apos;inscrit elle-m&#xea;me hors de la norme. A ce titre, l’incursion sur une &#xee;le destin&#xe9;e &#xe0; abriter la re-cr&#xe9;ation d’une humanit&#xe9; &#xab; r&#xe9;g&#xe9;n&#xe9;r&#xe9;e &#xbb; sous le signe de la laideur nous offre probablement les moments les plus &amp;quot;beaux&amp;quot; du film. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La mise en sc&#xe8;ne instaure une distanciation constante quand les figurants &#xe9;voluent comme &#xe0; l’int&#xe9;rieur d’un spectacle de danse,&lt;font&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;ou le cadre naturel se fait d&#xe9;cor. &lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Cr&#xe9;atures imaginaires issues d&apos;accouplements contre nature, entre l&apos;homme et l&apos;animal, de la vieillesse et de la beaut&#xe9;, na&#xef;ades glissant sous les barques... l&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;es bacchanales y sont chor&#xe9;graphi&#xe9;es, entre hi&#xe9;ratisme et fr&#xe9;n&#xe9;sie, au rythme de pantomimes oniriques sur le mode du buto : jaillie de la laideur, de la sauvagerie et du sordide, cette fleur du Mal y est stylis&#xe9;e dans un mani&#xe9;risme qui confine au lyrisme.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/07/38/209286/22161304.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Horrors of malformed men&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt; s’inspire autant de la litt&#xe9;rature fantastique occidentale (E.A.Poe et Wells) que de la tradition des Kaidan. L&apos;oeuvre d&apos;Edogawa Rampo est &#xe0; ce titre tout &#xe0; fait symptomatique de ce metissage des sources litt&#xe9;raires&amp;nbsp; (Le pseudonyme E.Rampo est lui-m&#xea;me une transcription phon&#xe9;tique d&apos;Edgar Alan Poe). La folie du savant fou se m&#xea;le avec brio aux terreurs s&#xe9;culaires de l’Asie. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Horrors of malformed men&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt; t&#xe9;moigne une fois de plus de la capacit&#xe9; du cin&#xe9;ma japonais &#xe0; fondre avec brio le cin&#xe9;ma d&apos;exploitation (&#xe9;pouvante, &#xe9;rotisme.. ) et la trag&#xe9;die. Le cin&#xe9;ma bis n’est pas loin, dans ses aventures improbables &#xe0; la Jules Verne ou ses d&#xe9;couvertes d’exp&#xe9;riences abominables. Il ne serait gu&#xe8;re &#xe9;tonnant que S. Martino s’en soit inspir&#xe9; pour &lt;em&gt;Le continent des hommes poissons&lt;/em&gt;. Cela ne va pas sans certaines maladresses : les coups de th&#xe9;&#xe2;tre, les personnages st&#xe9;r&#xe9;otyp&#xe9;s, une r&#xe9;solution de l’intrigue qui se r&#xe9;duit &#xe0; sch&#xe9;ma policier (machination, complot, d&#xe9;couverte des coupables).&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt; Mais le lien du second degr&#xe9; et du drame est toujours t&#xe9;nu &lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;et c&apos;est finalement la puissance th&#xe8;matique de la vengeance, de l&apos;expiation, de la r&#xe9;demption impossible et des amours interdites d&#xe9;chirantes qui l&apos;emporte sur l’arch&#xe9;type du savant fou. &lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/63/17/209286/22161389.jpg&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;img width=&quot;280&quot; height=&quot;169&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/63/17/209286/22161389_p.jpg&quot; alt=&quot;malformed9&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/94/16/209286/22239029.jpg&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;img width=&quot;280&quot; height=&quot;169&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/94/16/209286/22239029_p.jpg&quot; alt=&quot;malformed8&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt; &lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Entre buto et baroque d&#xe9;cadent : f&#xe9;&#xe9;ries, bizarreries et grotesques&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;Horrors of malformed men&lt;/em&gt; introduit &#xe9;galement une r&#xe9;flexion sur les m&#xe9;canismes sociaux et le pouvoir &#xe0; travers la figure r&#xe9;currente des ma&#xee;tres et des esclaves. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Cette vision d&apos;un vengeur fou qui s’est assign&#xe9; pour mission&lt;font&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;d’inverser les rapports de la beaut&#xe9; et de la monstruosit&#xe9; et d’asservir les hommes dits normaux dans cette univers cl&#xf4;t ou la difformit&#xe9; r&#xe8;gne en ma&#xee;tresse constitue une attaque cinglante de l’empire militariste et nationaliste du Soleil Levant et de son h&#xe9;ritage pervers occult&#xe9; dans le Japon d’apr&#xe8;s-guerre. La premi&#xe8;re vision du monde ext&#xe9;rieur &#xe0; l&apos;&#xee;le (donc dit civilis&#xe9;) est ironiquement celui du h&#xe9;ros enferm&#xe9; dans un asile, hant&#xe9; par un pass&#xe9; dont il ne se souvient pas. Ce n’est que sur l’&#xee;le des mutants qu’il parviendra &#xe0; arracher le secret de la r&#xe9;alit&#xe9; qui lui a &#xe9;t&#xe9; dissimul&#xe9;e &#xe0; dessein, et celui de son identit&#xe9;.. Evad&#xe9; de l&apos;asile, la sensation que le moindre de ses gestes est &#xe9;pi&#xe9; le conduit &#xe0; se d&#xe9;guiser &#xe0; chaque fois, comme dans une annihilation constante de sa personnalit&#xe9;. La qu&#xea;te de la v&#xe9;rit&#xe9; ne peut passer qu&apos;en volant d&apos;abord l&apos;identit&#xe9; d&apos;un autre, qui est physiquement son sosie et de se faire passer pour lui. A l&apos;instar de &lt;em&gt;Kagemusha&lt;/em&gt;, except&#xe9; le chien, l’animal fid&#xe8;le &#xe0; son unique ma&#xee;tre, aucun ne descellera la supercherie, ce qui permettra de vivre prot&#xe9;g&#xe9; par cet autre moi jusqu&apos;au bout. Avant de faire la d&#xe9;couverte de la monstruosit&#xe9; physique des gens de l&apos;&#xee;le, il fera celle de la d&#xe9;liquescence d&apos;une famille bourgeoise enferm&#xe9;e dans ses non-dits, ses tromperies, ses adult&#xe8;res et ses complots. La fr&#xe9;quentation de cette soci&#xe9;t&#xe9; corrompue fera office pour lui d’un miroir terni, dont le reflet lui donnera une vision att&#xe9;nu&#xe9;e mais pr&#xe9;monitoire de la r&#xe9;alit&#xe9; bien plus terrifiante qui l’attend de l’autre c&#xf4;t&#xe9; des flots. Dans cette omnipr&#xe9;sence de la dualit&#xe9;, l’homme n&apos;existe pas sans son double, sans son autre moi d&#xe9;form&#xe9; et dissimule toujours sa pourriture int&#xe9;rieure sous la beaut&#xe9; du masque, au risque toujours pr&#xe9;sent d’un basculement des valeurs.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot; color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;428&quot; height=&quot;241&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/87/08/209286/22816571.jpg&quot; alt=&quot;malformed56&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot; color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/10/81/209286/22161408.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;margin-left: 3.7pt; margin-right: 3.7pt;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/62/34/209286/22161396.jpg&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Le climat d&#xe9;rangeant du film tient &#xe0; ce que derri&#xe8;re la fiction et la vigueur de l’imaginaire perce le traumatisme post atomique de la mutilation, des corps irradi&#xe9;s ainsi que le souvenir des camps d’internement nippons. &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Au del&#xe0; de la dimension mythique et litt&#xe9;raire du savant fou, bref, du d&#xe9;miurge, l’œuvre m&#xe9;taphorise les fant&#xf4;mes du Japon de la deuxi&#xe8;me guerre mondiale et des exp&#xe9;rimentations m&#xe9;dicales tenues si longtemps secr&#xe8;tes. Il ne para&#xee;t d&apos;ailleurs pas fortuit que chaque individu ayant p&#xe9;n&#xe9;tr&#xe9; dans l&apos;&#xee;le soit marqu&#xe9; sous le pied de la svastika. Le film de Teruo Ishii devient une perturbante all&#xe9;gorie sur l&apos;homme et la normalit&#xe9;, hant&#xe9;e par la v&#xe9;ritable horreur de l&apos;Histoire et ses fantasmes de r&#xe9;g&#xe9;n&#xe9;ration et d’h&#xe9;g&#xe9;monie d’une race sup&#xe9;rieure.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;La traduction anglaise du titre original fait passer au pluriel ce qui signifie en r&#xe9;alit&#xe9; &amp;quot;les horreurs d&apos;un homme malform&#xe9;&amp;quot; ce qui r&#xe9;sume pourtant &#xe0; merveille les pr&#xe9;occupations m&#xe9;taphysiques de l’œuvre. Ces cr&#xe9;atures mat&#xe9;rialisent la monstruosit&#xe9; d’une &#xe2;me rong&#xe9;e par la douleur, le d&#xe9;sir de vengeance et la vision du monde. C’est &#xe0; nouveau &#xe0; l ’ &#xab; horreur &#xbb; du &lt;em&gt;cœur des t&#xe9;n&#xe8;bres&lt;/em&gt; conradiennes que ce rapporte cet effroi du monde qui conduit &#xe0; son reniement et &#xe0; son d&#xe9;sir de destruction, &#xe9;pouvante face &#xe0; soi et face aux hommes, &#xe9;pouvante universelle. Ironie, le ma&#xee;tre de l&apos;&#xee;le a beau se d&#xe9;fier du monde il reproduit les m&#xea;mes asservissements, les m&#xea;mes enfermements, la cage qui retient les monstres sur l&apos;&#xee;le ne faisant que r&#xe9;p&#xe9;ter la cellule de l&apos;asile. A l&apos;int&#xe9;rieur d&apos;une &#xee;le vou&#xe9;e &#xe0; l&apos;&#xe9;loge de la diff&#xe9;rence, subsiste toujours la domination d&apos;un homme sur les autres. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-left: 3.7pt; margin-right: 3.7pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot; color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Tel un dieu cr&#xe9;ateur, cet apprenti sorcier roi sur son &#xee;le a instaur&#xe9; selon ses propres r&#xe8;gles, ses propres m&#xe9;canismes de la reproduction de l’esp&#xe8;ce &#xe0; l’encontre de la r&#xe8;gle commune du monde ext&#xe9;rieur. Il r&#xe9;invente la gen&#xe8;se de l’humanit&#xe9; par la m&#xe9;tamorphose blasph&#xe9;matoire de toute beaut&#xe9; en laideur par une corruption de l’&#xe2;me et du corps qui se propage et se perp&#xe9;tue telle une &#xe9;pid&#xe9;mie. &#xab; Voici mon monde &#xbb; jette –t-il &#xe0; la face de ses semblables. C&apos;est par le refus de la loi du monde &amp;quot;normal&amp;quot; que le savant d&#xe9;cide de prendre le contrepied des crit&#xe8;res du beau et du bon. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 0cm 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot; color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Toute la force du cin&#xe9;ma japonais populaire des ann&#xe9;es 70 se manifeste dans cette capacit&#xe9; &#xe0; mettre en sc&#xe8;ne un univers particuli&#xe8;rement d&#xe9;viant, mais toujours avec une si somptueuse &#xe9;l&#xe9;gance. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 0cm 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 0cm 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot; style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Cette perle est disponible en zone 1 dans une copie … monstrueusement belle . &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/10/81/209286/22161408.jpg&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;embed width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot; wmode=&quot;transparent&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/v/7cT0yck2hcY&amp;amp;rel=1&quot;&gt;&lt;/embed&gt; &lt;font color=&quot;#000000&quot; style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/62/34/209286/22161396.jpg&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;margin: 3.75pt 3.7pt 0pt;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 03 Mar 2008 07:59:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le paradis blanc de l&apos;enfer</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/02/15/7643483.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/02/15/7643483.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7643483/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/02/15/7643483.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/23/51/209286/22191760.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;244&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/23/51/209286/22191760_p.jpg&quot; alt=&quot;antarctic&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Terrifiante aventure humaine plus que v&#xe9;ritable film fantastique &lt;em&gt;Antarctic Journal&lt;/em&gt; pr&#xe9;sente une &#xe9;pouvante int&#xe9;gralement int&#xe9;rioris&#xe9;e dans laquelle l&apos;immensit&#xe9; enneig&#xe9;e devient aussi claustratrice que le gouffre de la folie individuelle. Angoissant et lyrique, le film de Pil-Sung Yim&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;aurait m&#xe9;rit&#xe9; une sortie en salles.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Pr&#xe9;senter &lt;em&gt;Antarctic Journal&lt;/em&gt; comme un film d’horreur, ce que fait la jaquette du dvd, rel&#xe8;ve de la publicit&#xe9; mensong&#xe8;re qui induit le spectateur en erreur, en lui promettant &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;des coups de th&#xe9;&#xe2;tre terrifiants &#xe0; renfort &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;d’entit&#xe9;s mal&#xe9;fiques et monstrueuses. Car l&apos;aventure humaine d&apos;&lt;em&gt;Antarctic Journal&lt;/em&gt; d&#xe9;bouche sur un drame terrible et int&#xe9;rioris&#xe9; dans lequel le fantastique n&apos;est que le produit de la psych&#xe9; humaine : il fait plus intervenir le &#xab; fantasme hallucinatoire &#xbb; que le fantastique proprement dit, un surnaturel de questions plus que de r&#xe9;ponses&lt;/font&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;Telle une mise en ab&#xee;me, le journal antarctique &#xe9;ponyme est &#xe0; la fois pour le film un objet, son moteur, le noeud de sa forme narrative et son sujet m&#xea;me. En effet, Pil-Sung Yim &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;suit une mission polaire jour apr&#xe8;s jour pour atteindre le p&#xf4;le d’inaccessibilit&#xe9; au fil des &#xe9;volutions individuelles dans la sensation d&apos;enfermement grandissante de cet enfer blanc. &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Car &#xe0; l&apos;&#xe9;vidence, rejoindre ce &amp;quot;p&#xf4;le d&apos;inaccessibilit&#xe9;&amp;quot;, c&apos;est d&#xe9;j&#xe0; jouer avec le sort : c&apos;est une illusion doubl&#xe9;e de pr&#xe9;somption si l&apos;inaccessibilit&#xe9; prend un sens purement mat&#xe9;riel ; une transgression morale voire religieuse si elle prend le sens spirituel de l&apos;interdit. Ces conqu&#xe9;rants de l&apos;impossible c&#xe8;dent &#xe0; la d&#xe9;mesure des mortels vis-&#xe0;-vis des Dieux dans la Gr&#xe8;ce antique. La d&#xe9;couverte du journal d’une mission anglaise qui pr&#xe9;c&#xe9;da les cor&#xe9;ens en 1922 pr&#xe9;cipite la mission dans l’&#xe9;trange puis le cauchemar, quand l’exp&#xe9;dition semble reproduire phase apr&#xe8;s phase le cours des &#xe9;v&#xe9;nements qui advinrent des d&#xe9;cennies auparavant. &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;M&#xea;mes &#xe9;tapes, m&#xea;mes lieux, m&#xea;mes hantises. Les dessins qui emplissent le carnet semblent &#xe0; la fois s&apos;animer devant eux et pr&#xe9;dire le destin qui les attend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgr&#xe9; la sophistication des techniques de pointe, rien n&apos;enrayera un d&#xe9;roulement in&#xe9;luctable fix&#xe9; 80 ans plus t&#xf4;t et qui continuera probablement de se d&#xe9;rouler ind&#xe9;finiment selon un processus d&apos;&#xe9;ternel retour. Il causera la perte de tout ceux qui tenteront de franchir ce cercle ultime de l&apos;Antarctique, qui refuse aux hommes qu&apos;on viole la solitude vierge et la blancheur. A ce stade cette fusion pass&#xe9;-pr&#xe9;sent-futur et ce caract&#xe8;re immuable du temps constituent une jolie m&#xe9;taphore de la condition humaine. Ce journal pourrait lui servir de guide, guide qui le conduit au n&#xe9;ant et lui r&#xe9;v&#xe8;le que l&apos;existence n&apos;a pas de but. D&apos;un point de vu m&#xe9;taphysique ces pages constituent &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;le journal de l’esp&#xe8;ce humaine dans sa qu&#xea;te d’absolu, une qu&#xea;te du vide incarn&#xe9; par le grand blanc, un journal que &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;chaque nouvelle exp&#xe9;dition pourra retrouver &#xe0; son tour.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;em&gt; Antarctic Journal&lt;/em&gt; poss&#xe8;de la force&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt; des r&#xe9;cits des premiers r&#xe9;cits d&apos;exploration polaires, de ces Shackelton, Scott ou Amundsen qui consacr&#xe8;rent leur vie &#xe0; ces voyages vers l&apos;inconnu dans le d&#xe9;passement absolu de soi, de missions souvent sans retour qui confin&#xe8;rent au sacr&#xe9;. Il est d&apos;ailleurs &#xe9;tonnant de constater que les ann&#xe9;es du journal co&#xef;ncident justement avec la p&#xe9;riode de beaucoup de ces exp&#xe9;ditions.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;br /&gt;Cette conception m&#xe9;taphysique assigne &#xe0; l&apos;homme une place minuscule et un r&#xf4;le qui se r&#xe9;duit &#xe0; son libre arbitre.L&apos;absurdit&#xe9; de la soif de conqu&#xea;te qu&apos;illustre la folle attitude autoritaire - de la violence au meurtre pur - du capitaine Choi Do-hyung se m&#xea;le &#xe0; la conqu&#xea;te du &lt;em&gt;moi&lt;/em&gt; : il entra&#xee;ne toute l&apos;exp&#xe9;dition prisonni&#xe8;re de sa qu&#xea;te individuelle &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;de r&#xe9;demption et d’expiation, et les sacrifie &#xe0; ses conflits intimes.&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt; A travers la folie de son capitaine, &lt;em&gt;Antarctic Journal&lt;/em&gt;&amp;nbsp; illustre &#xe0; nouveau la dimension schizophr&#xe9;nique d&apos;une Cor&#xe9;e d&#xe9;chir&#xe9;e entre ses deux identit&#xe9;s. L&apos;oeuvre parvient par le biais d&apos;un seul personnage &#xe0; traduire le trouble collectif et&amp;nbsp; cette tentative acharn&#xe9;e et vou&#xe9;e &#xe0; l&apos;&#xe9;chec de distinguer le Bien et le Mal, la lucidit&#xe9; et la folie, l&apos;Enfant et l&apos;Adulte au coeur de l&apos;homme, la responsabilit&#xe9; et l&apos;irresponsabilit&#xe9;. &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;S&apos;il rappelle parfois &lt;em&gt;The Thing&lt;/em&gt; de Carpenter, c&apos;est surtout dans cette immensit&#xe9; polaire v&#xe9;cue comme un enfermement qui r&#xe9;veille la b&#xea;te qui dormait au tr&#xe9;fond de la conscience. Ecrit par Bong Joon-ho on retrouve en effet la th&#xe9;matique ch&#xe8;re au r&#xe9;alisateur de &lt;em&gt;Memories of murder&lt;/em&gt; de cette vertigineuse dualit&#xe9;, et de cette scission de l&apos;&#xe2;me, d&#xe9;chir&#xe9;e entre deux natures antinomiques avec l&apos;interrogation constante et sans r&#xe9;ponse de l&apos;issue de ce combat qui se livre au sein du moi de chacun.&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Int&#xe9;gralement plac&#xe9; sous le signe de l’inqui&#xe9;tante &#xe9;tranget&#xe9;, cette subtilit&#xe9; fantastique r&#xe9;v&#xe8;le &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;une horreur totalement int&#xe9;rioris&#xe9;e, horreur individuelle pour laquelle le d&#xe9;cor devient l&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;e catalyseur des pulsions les plus noires.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;Au del&#xe0; de la th&#xe9;matique qui montre un chef entra&#xee;nant la collectivit&#xe9; &#xe0; sa perte par le simple fait de son pouvoir sans limite et de la remise en cause fondamentale du principe d&apos;autorit&#xe9; et de son absurdit&#xe9;, cette marche aveugle vers un point inconnu prend une tonalit&#xe9; plus m&#xe9;taphysique qui se fait all&#xe9;gorie d&apos;une fuite de soi destin&#xe9;e &#xe0; solder les comptes du pass&#xe9;. C&apos;est la qu&#xea;te absurde d&apos;un absolu qui ouvre sur le n&#xe9;ant de l&apos;existence qu&apos;illustre ici le cin&#xe9;aste, une qu&#xea;te qui devrait rester intime mais qui m&#xe8;ne &#xe0; une forme de suicide collectif ordonn&#xe9; par l&apos;id&#xe9;al &#xe9;gotique d&apos;un gourou. Comme &#xe0; l&apos;habitude, l&apos;&#xe9;blouissant Song Kang-ho donne une puissance tragique &#xe0; la mesure de la complexit&#xe9; et de l&apos;ambigu&#xef;t&#xe9; de son personnage.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Cette foi de l&apos;&#xe9;quipe en leur capitaine caract&#xe9;ristique de la solidarit&#xe9; d&apos;hommes qui s&apos;&#xe9;tablit au sein d&apos;une telle exp&#xe9;dition explique cette incapacit&#xe9; &#xe0; l&apos;insoumission. &lt;em&gt;Antarctic Journal&lt;/em&gt;&amp;nbsp; retrouve le souffle des grandes &#xe9;pop&#xe9;es d&apos;aventures maritimes avec le climat de mutinerie que g&#xe9;n&#xe8;re les natures tyranniques des &amp;quot;seuls ma&#xee;tres apr&#xe8;s Dieu&amp;quot; tels que le capitaine du Bounty ou celui de &lt;em&gt;Moby Dick&lt;/em&gt;. Le mod&#xe8;le glisse lentement vers son contraire : l&apos;incarnation de la folie et du danger. &lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;br /&gt;Pour ajouter &#xe0; ce pessimisme, l&apos;aveu final du tyran qui aurait voulu &#xea;tre arr&#xea;t&#xe9; contribue &#xe0; l&apos;absolue noirceur de la conclusion. Lui m&#xea;me pr&#xe9;cipit&#xe9; dans sa propre spirale, vers l&apos;ab&#xee;me, esp&#xe9;rait &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;que l&apos;un de ses hommes le retienne dans son &#xe9;lan fatal&amp;nbsp; : &#xab; j’avais peur et j’avais froid &#xbb;. &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Les contraires s&apos;y affrontent constamment&lt;em&gt;&lt;/em&gt; et sous les dehors de &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;la violence perce la fragilit&#xe9;, l&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;’imperfection cach&#xe9;e sous le masque d&apos;une duret&#xe9; de glace.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt; &lt;br /&gt;Port&#xe9; par une superbe partition de Kenji Kawai qui rappelle celle d&apos;&lt;em&gt;Avalon&lt;/em&gt;, Antarctic Journal m&#xea;le la tension au lyrisme de l&apos;&#xe9;pop&#xe9;e existentielle. &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;L&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;e blanc &#xe0; perte de vue, les crevasses, les trous, les fissures, dans lesquelles sont happ&#xe9;es les protagonistes semblent autant d’images de la f&#xea;lure et du vertige de notre nature - quand l&apos;esprit se perd dans son immensit&#xe9; faute de se fixer des limites - d&apos;un homme entre l&apos;insignifiance et l&apos;infini. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;object width=&quot;420&quot; height=&quot;301&quot;&gt;&lt;param value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xvhi5&amp;amp;v3=1&amp;amp;related=1&quot; name=&quot;movie&quot; /&gt;&lt;param value=&quot;true&quot; name=&quot;allowFullScreen&quot; /&gt;&lt;param value=&quot;always&quot; name=&quot;allowScriptAccess&quot; /&gt;&lt;embed width=&quot;420&quot; height=&quot;301&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/xvhi5&amp;amp;v3=1&amp;amp;related=1&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xvhi5_antarctic-journal_shortfilms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/cinemasian&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 15 Feb 2008 22:30:00 GMT</pubDate></item><item><title>Toutes les couleurs du r&#xea;ve</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/02/01/7293319.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/02/01/7293319.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7293319/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/02/01/7293319.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/54/19/209286/21673507.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/52/63/209286/21673561.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;241&quot; alt=&quot;lizard11&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/52/63/209286/21673561_p.jpg&quot; width=&quot;428&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Moins connu que ses mythiques &lt;em&gt;La paura&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;L&apos;aldila, &lt;/em&gt;&lt;em&gt;Lizard in a woman&apos;s skin&lt;/em&gt; est l&apos;une des oeuvres majeures de Lucio Fulci et l&apos;un des fleurons du cin&#xe9;ma de genre des ann&#xe9;es 70. Plong&#xe9;e dans un fascinant univers onirique psych&#xe9;d&#xe9;lique, Florinda Bolkan y d&#xe9;couvre les m&#xe9;andres de sa personnalit&#xe9;.&lt;/font&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si Lucio Fulci tient principalement sa notori&#xe9;t&#xe9; de ses films de zombies, malgr&#xe9; leurs ind&#xe9;niables qualit&#xe9;s et leur po&#xe9;sie de la mort et de la corruption, ce ne sont pas forc&#xe9;ment ses meilleurs. En effet, c&apos;est surtout dans des oeuvres aussi passionnantes que le drame historique &lt;em&gt;Beatrice Cenci&lt;/em&gt; ou le giallo tragique &lt;em&gt;Don&apos;t torture a duckling &lt;/em&gt;que son g&#xe9;nie &#xe9;clate. En cela, &lt;em&gt;Lizard in a woman&apos;s skin&lt;/em&gt; n&apos;a pas usurp&#xe9; sa r&#xe9;putation : d&apos;une incroyable maitrise formelle, il est bien l&apos;un de ses films les plus brillants, les plus singuliers de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;R&#xe9;sumons bri&#xe8;vement l&apos;argument de d&#xe9;part : Carole, une jeune bourgeoise est hant&#xe9;e par la r&#xe9;currence d&apos;un r&#xea;ve qui la met aux prises avec sa voisine aux moeurs dissolues, avec qui elle fait l&apos;amour avant de la poignarder... Quelques jours plus tard, on apprend que cette derni&#xe8;re a &#xe9;t&#xe9; horriblement assassin&#xe9;e, selon le rituel m&#xea;me du r&#xea;ve. Carole est imm&#xe9;diatement suspect&#xe9;e. Commence pour elle un long cauchemar dans lequel la r&#xe9;alit&#xe9; semble de plus en plus laisser place &#xe0; la folie...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/22/67/209286/21675811.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard7&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/22/67/209286/21675811_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/86/40/209286/21673497.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard2&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/86/40/209286/21673497_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Des r&#xea;ves entre psych&#xe9;delique et psychanalyse&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors, Giallo ou pas giallo ? Ne glosons pas sur le d&#xe9;bat. Certes, le cheminement de l&apos;intrigue, le climat de complot qui entra&#xee;ne Carole dans un vertige parano&#xef;aque s&apos;apparente plus au whodunit agathachristique qu&apos;au giallo ; d&apos;ailleurs l&apos;intrigue patine quelque peu dans sa derni&#xe8;re partie et le souffl&#xe9; retombe sensiblement quand on se perd dans une tentative d&apos;explication laborieuse, d&#xe9;monstrative et inutile... et ironique ; mais l&apos;essentiel n&apos;est pas l&#xe0;. Si &lt;em&gt;Lizard in woman&apos;s skin&lt;/em&gt; ne proc&#xe8;de en effet pas du dispositif classique du giallo avec ses morts violentes en s&#xe9;ries, ses meurtriers aux gants noirs, son f&#xe9;tichisme de l&apos;arme blanche et ses traumas divers, il n&apos;en poss&#xe8;de pas moins cet incontestable climat d&apos;entre deux, de travers&#xe9; du miroir et de confusion de la r&#xe9;alit&#xe9; du d&#xe9;lire, sans oublier son inventaire psychanalytique de frustrations.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Lizard&apos;s in woman skin&lt;/em&gt;, surprend par sa forme bouillonnante &#xe9;tablie autour de r&#xea;ves totalement fous, malsains, peupl&#xe9;s de personnages grim&#xe9;s - qui pr&#xe9;sagent presque des futurs zombies de Fulci -&amp;nbsp; qui en &#xe9;pouse le cours d&#xe9;sordonn&#xe9;, de couloirs interminables en chutes sans fin. Un grand lit carr&#xe9; rouge sang envahit l&apos;&#xe9;cran pour y mettre en sc&#xe8;ne deux femmes qui s&apos;enlacent avant de les perdre dans l&apos;obscurit&#xe9;. Les perspectives s&apos;y m&#xe9;tamorphosent en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/01/26/209286/21673483.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/01/26/209286/21673483_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/86/00/209286/21675932.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard8&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/86/00/209286/21675932_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/93/98/209286/21675847.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard9&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/93/98/209286/21675847_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/50/95/209286/21675855.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard10&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/50/95/209286/21675855_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Confusion des perceptions : r&#xea;v&#xe9; ou v&#xe9;cu, un lieu toujours &#xe9;crasant pour une m&#xea;me sensation de cauchemar&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Dans le r&#xea;ve, la sexualit&#xe9; enfouie resurgit, et les pulsions r&#xe9;prim&#xe9;es se d&#xe9;cha&#xee;nent et le carcan de la bonne &#xe9;ducation bourgeoise de la jeune femme de c&#xe9;der au trouble qui l&apos;assaille : troubl&#xe9;e par ce qu&apos;elle entend et imagine des &#xe9;bats orgiaques de sa voisine, elle laisse se lib&#xe9;rer &#xe0; sati&#xe9;t&#xe9; ses frustrations. On est en pleine illustration du refoul&#xe9; freudien et du conflit entre le Surmoi et le &#xc7;a.&amp;nbsp; &lt;em&gt;Lizard&apos;s in woman skin &lt;/em&gt;est une belle variation sur le th&#xe8;me du passage &#xe0; l&apos;acte, qui mime d&apos;abord tout &#xe0; fait s&#xe9;rieusement voire p&#xe9;dagogiquement (ce qui ne va pas sans susciter le sourire du spectateur) les th&#xe9;ories psychanalytiques comme un formidable outil d&apos;enqu&#xea;te, avant de s&apos;en moquer ouvertement en les d&#xe9;gonflant comme une baudruche. A ce titre, avec ces individus manipul&#xe9;s qui tiennent lieu de personnages tout en &#xe9;tant assur&#xe9;s de tirer les ficelles (mention sp&#xe9;ciale au bell&#xe2;tre de mari joue par Jean Sorel, persuad&#xe9; d&apos;&#xea;tre un ma&#xee;tre de l&apos;adult&#xe8;re et du machiav&#xe9;lisme et qui se retrouve rapidement d&#xe9;pass&#xe9; par les &#xe9;v&#xe9;nements, ce qui n&apos;est pas sans rappeler les excellents retournements de situation de &lt;em&gt;L&apos;Et&lt;/em&gt;&lt;em&gt;range vice de Mrs Wardh&lt;/em&gt; de Sergio Martino ), le d&#xe9;veloppement de l&apos;intrigue, l&apos;encha&#xee;nement des r&#xe9;v&#xe9;lations et de ses coups de th&#xe9;&#xe2;tre en deviennent presque cocasses. Un peu &#xe0; la mani&#xe8;re de la collaboration Morissey/Warhol/Kier, on sent chez Fulci le d&#xe9;sir sous-jacent d&apos;&#xe9;gratigner les dessous d&apos;une aristocratie d&#xe9;cadente obs&#xe9;d&#xe9;e de prestige social et complice de tous les pouvoirs. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La musique de Morricone (et de Nicola&#xef;, cr&#xe9;dit&#xe9; comme souvent en tant que chef d&apos;orchestre , mais dont on reconna&#xee;tra facilement les sonorit&#xe9;s dans certains morceaux) stridente et sensuelle, des notes de violons dissonantes aux voix f&#xe9;minines sucr&#xe9;es, souligne la schizophr&#xe9;nie de l&apos;oeuvre tout autant qu&apos;elle g&#xe9;n&#xe8;re un climat de vertige et d&apos;angoisse d&#xe9;stabilisant &#xe0; souhait, pour un spectateur qui tatonne dans la brume des perceptions. Les s&#xe9;quences hallucinatoires orgiaques ob&#xe9;issent &#xe0; une esth&#xe9;tique de &amp;quot;trip&amp;quot;&amp;nbsp; - qui n&apos;est d&apos;ailleurs pas sans rapeller les visions sous acide du film de Corman - et de lib&#xe9;ration sexuelle 70s qui plongent le film dans un climat de sensualit&#xe9; et de perversit&#xe9; tout &#xe0; fait r&#xe9;jouissant. Les r&#xea;ves psych&#xe9;d&#xe9;liques dans lesquels dominent le rougeoyant et les couleurs primaires font glisser insensiblement vers une forme d&apos;abstraction &#xe9;rotique faisant passer du charnel au g&#xe9;om&#xe9;trique? Aussi, perd-t-on pied d&#xe8;s la premi&#xe8;re s&#xe9;quence, au sens propre, puisque le sol se d&#xe9;robe sous les n&#xf4;tres.&lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/63/39/209286/21675904.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard13&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/63/39/209286/21675904_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/92/70/209286/21675885.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard12&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/92/70/209286/21675885_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;L&apos;agencement des plans et la perception des objets, int&#xe9;gralement soumis au regard de l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Lorsque les d&#xe9;cors immenses, vieux hangar ou parc infini&amp;nbsp; semblent le fruit de l&apos;imagination de l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne, le &amp;quot;vrai&amp;quot; se fait plus onirique que le r&#xea;ve. Miroir de l&apos;illusion et r&#xe9;alit&#xe9; finissent par &#xe9;changer leur place. Ce sont probablement dans ses extraordinaires s&#xe9;quences de traque et d&apos;angoisse qu&apos;op&#xe8;re le plus la virtuosit&#xe9; de Fulci quand nous finissons par nous identifier &#xe0; l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne au point de basculer avec elle. Il faut dire qu&apos;entre sauvagerie et fragilit&#xe9;, Florinda Bolkan porte son statut de femme traqu&#xe9;e pi&#xe9;g&#xe9;e et victime &#xe0; bouts de bras. Elle est litt&#xe9;ralement surr&#xe9;elle. L&apos;image suit constamment son regard et semble modeler les d&#xe9;cors et les objets au gr&#xe9; de sa perception. Rappelant les futures oeuvres de De Palma, Fulci emploie le &lt;em&gt;split screen&lt;/em&gt;, repr&#xe9;sentation du d&#xe9;doublement de personnalit&#xe9; ou d&apos;une sensation d&apos;ubiquit&#xe9;.&lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Onirique, &#xe9;rotique, ironique, &lt;em&gt;Lizard in woman&apos;s skin&lt;/em&gt; pr&#xe9;sente &#xe0; tous points de vue la quintessence du cin&#xe9;ma de Fulci. &lt;em&gt;Lizard&apos;s in woman skin&lt;/em&gt; est comme une br&#xe8;che entrouverte : c&apos;est avec d&#xe9;lice que l&apos;on y p&#xe9;n&#xe8;tre, sans mod&#xe9;ration. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/54/19/209286/21673507.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard3&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/54/19/209286/21673507_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/00/80/209286/21675804.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard5&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/00/80/209286/21675804_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/04/11/209286/21673538.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;169&quot; alt=&quot;lizard4&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/04/11/209286/21673538_p.jpg&quot; width=&quot;280&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/22/67/209286/21675811.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Le split screen&amp;nbsp; : illustration du d&#xe9;doublement de la personnalit&#xe9; et du refoul&#xe9; dans un milieu bourgeois&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 01 Feb 2008 20:37:00 GMT</pubDate></item><item><title>Une page de publicit&#xe9; </title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/29/7740223.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/29/7740223.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7740223/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/29/7740223.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/78/97/209286/21550125.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;img height=&quot;252&quot; alt=&quot;stend3&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/97/209286/21550125_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Juste pour vous dire que mon article sur &lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cinetudes.com/L-evolution-de-l-heroine-chez-Dario-Argento-quatre-noms-pour-un-seul-visage_a221.html&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;L&apos;&#xe9;volution de l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne chez Dario Argento&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt; vient d&apos;&#xea;tre publi&#xe9; sur l&apos;excellent site &lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://cinetudes.com/&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Cin&#xe9;tudes&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 29 Jan 2008 09:30:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lumi&#xe8;re silencieuse</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/22/7679936.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/22/7679936.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7679936/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/22/7679936.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Heath Ledger (1979-2008)&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/83/72/209286/21379941.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;311&quot; alt=&quot;heath_ledger1&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/83/72/209286/21379941_p.jpg&quot; width=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 22 Jan 2008 22:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les sans espoir</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/21/7343440.html</link><category>Innocences</category><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/21/7343440.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7343440/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/21/7343440.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;img height=&quot;239&quot; alt=&quot;houseofsand&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/57/44/209286/20396281.jpg&quot; width=&quot;343&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;em&gt;House of Sand and Fog&lt;/em&gt; dresse un tableau sombre du fonctionnement de nos soci&#xe9;t&#xe9;s, qui sacrifie l&apos;individu &#xe0; la loi collective.&amp;nbsp; Soutenu par une Jennifer Connelly rayonnante de naturel et un Ben Kingsley imp&#xe9;rial, Vadim Perelman parvient &#xe0; int&#xe9;grer subtilement le romanesque &#xe0; l&apos;engagement contemporain.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;Pour ne pas avoir pay&#xe9; son imp&#xf4;t sur les soci&#xe9;t&#xe9;s, Kathy, une jeune femme dans le besoin se fait arbitrairement expulser de sa maison, mise aux ench&#xe8;res sur le champ. &lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;Behrani un colonel de l&apos;ancien r&#xe9;gime du Shah, qui a fuit l&apos;Iran avec sa famille, ach&#xe8;te imm&#xe9;diatement la maison &#xe0; bas prix afin de sp&#xe9;culer et de la revendre plus cher. &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;Cette erreur administrative du comt&#xe9; conduit &#xe0; l&apos;attribution absurde de la maison &#xe0; deux propri&#xe9;taires : car si elle appartient incontestablement &#xe0; la jeune femme, les papiers que le colonel a sign&#xe9;s en toute l&#xe9;galit&#xe9; font de lui le possesseur du bien. &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;Chacun va s&apos;acharner &#xe0; d&#xe9;fendre son droit jusqu&apos;&#xe0; l&apos;iirr&#xe9;parable. Toujours in&#xe9;dite en France, r&lt;/font&gt;&#xe9;alis&#xe9;e en 2003 par Vadim Perelman, un r&#xe9;alisateur am&#xe9;ricain d&apos;origine ukrainienne, &lt;em&gt;House of Sand and Fog&lt;/em&gt; prend la forme d&apos;une trag&#xe9;die des temps modernes. Par le biais d&apos;une fiction dont la grande acuit&#xe9; est totalement en phase avec les pr&#xe9;occupations contemporaines, cette belle oeuvre s&apos;int&#xe9;resse aux drames individuels qu&apos;engendrent les m&#xe9;canismes socio-politiques.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;Chaque citoyen d&apos;un pays devient le jouet du fonctionnement de sa constitution dont toutes les r&#xe8;gles sont soumises au rendement &#xe9;conomique, et d&apos;une loi mercantile qui d&#xe9;shumanise les &#xe2;mes&amp;nbsp; : le destin tragique des personnages d&apos;&lt;em&gt;House of the sand and fog&lt;/em&gt; en fait la d&#xe9;monstration. Les &#xe9;v&#xe9;nements insignifiants prennent des proportions extr&#xea;mes aux cons&#xe9;quences in&#xe9;luctables ; chacun y perd inexorablement ses convictions : en son pays, en ses lois, en sa profession, en la justice et pour finir, en lui-m&#xea;me. Hors des arch&#xe9;types manich&#xe9;ens, chacun accul&#xe9; dans une impasse, d&#xe9;fend ses int&#xe9;r&#xea;ts avec la rage de l&apos;instinct de survie. Le d&#xe9;calage chronologique des destin&#xe9;es font de l&apos;enchainement des causes et des effets des engrenages qui n&apos;autorisent la compr&#xe9;hension mutuelle que quand il est d&#xe9;j&#xe0; trop tard.&lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;em&gt;House of Sand and fog&lt;/em&gt; fait partie de ces oeuvres dans lesquelles les personnages quels que soient leurs choix, se r&#xe9;duisent face leur sort &#xe0; des marionnettes vou&#xe9;s d&apos;avance au malheur.&lt;em&gt; &lt;/em&gt;La vision est d&apos;autant plus d&#xe9;sesp&#xe9;rante pour le spectateur qu&apos;il les observe s&apos;enferrer dans leurs pi&#xe8;ges, agir selon les impulsions qui r&#xe9;sultent de la panique d&apos;un instant, et choisir fatalement les mauvaises voies, jusqu&apos;&#xe0; l&apos;atteinte du point de non-retour.&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;E&lt;/font&gt;lle s&apos;attaque tout autant aux fondements d&apos;un Etat qu&apos;&#xe0; ceux qui r&#xe9;gissent toute une conception g&#xe9;opolitique laissant tout autant &#xe0; l&apos;abandon les citoyens am&#xe9;ricains dans le besoin que les d&#xe9;racin&#xe9;s qui affluent des pays ext&#xe9;rieurs. L&apos;expulsion place l&apos;am&#xe9;ricain moyen dans une infortune identique &#xe0; l&apos;exil de l&apos;immigr&#xe9;. La mise en relief d&apos;un drame presque banal du quotidien dresse indirectement le portrait d&apos;un pays qui se d&#xe9;lite par l&apos;absence de communication et l&apos;indiff&#xe9;rence. &lt;em&gt;House of Sand and fog&lt;/em&gt; met en relation deux desespoirs : la d&#xe9;tresse la plus &#xe9;vidente, des ressortissants &#xe9;trangers qui ont fuit la condamnation &#xe0; mort dans leur pays d&apos;origine et l&apos;autre plus subtile car moins voyante et moins d&#xe9;monstrative, mais aux cons&#xe9;quences tout aussi d&#xe9;sastreuses de cette femme solitaire.&lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;La qualit&#xe9; de &lt;em&gt;House of Sand and Fog&lt;/em&gt; ne serait pas grand chose sans la puissance de l&apos;interpr&#xe9;tation de Ben Kingsley et Jennifer Connelly. A la fois distanci&#xe9; et habit&#xe9;, Ben Kingsley &#xe9;tonne et d&#xe9;concerte, de l&apos;imp&#xe9;tuosit&#xe9; du colonel d&#xe9;chu et antipathique au grotesque tragique du p&#xe8;re terrass&#xe9; par la douleur. &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;On ne louera jamais assez la subtilit&#xe9; du jeu de Jennifer Connelly qui incarne son personnage avec une incroyable spontan&#xe9;it&#xe9;, et qui semble jamais poser de distance entre ses r&#xf4;les et elle-m&#xea;me. &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;Parmi les b&#xe9;mols, la musique de James Horner parfois trop insistante, verse quelque fois dans le lachrymal pour un film qui ne l&apos;est pas, tandis que l&apos;irruption du m&#xe9;lodrame contraste parfois avec la subtilit&#xe9; de l&apos;ensemble. Mais ce &amp;quot;d&#xe9;clencheur&amp;quot; maladroit s&apos;il marque l&apos;intervention un peu voyante du&lt;em&gt; fatum&lt;/em&gt; a le m&#xe9;rite de cr&#xe9;er une transition qui jette le film dans la noirceur de la vraie trag&#xe9;die, vers un d&#xe9;sepoir beaucoup plus juste et poignant.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;D&#xe9;passant le r&#xe9;alisme du propos Vadim Perelman &#xe9;labore un singulier dispositif m&#xe9;taphorique autour de la maison, qui se transtorme en personnage &#xe0; part enti&#xe8;re, objet symbolique autour duquel tourne la destin&#xe9;e de chaque protagoniste,&amp;nbsp; et auquel il se raccroche jusqu&apos;&#xe0; l&apos;absurde. Rien de plus normal dans une nation o&#xf9; la propri&#xe9;t&#xe9; est reine. La maison de famille, la maison l&#xe9;gu&#xe9;e par le p&#xe8;re comme signe d&apos;appartenance, d&apos;identit&#xe9; et d&apos;h&#xe9;ritage du pass&#xe9; pour l&apos;un, comme espoir d&apos;avenir et de r&#xe9;ussite pour l&apos;autre, d&apos;avenir. &lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Cette &amp;quot;maison de sable et de brouillard&amp;quot; se fait all&#xe9;gorie d&apos;une s&#xe9;curit&#xe9; mat&#xe9;rielle illusoire, miroir trouble des incertitudes de l&apos;existence : ce que l&apos;on croyait d&#xe9;finitivement acquis file entre les doigts comme le sable ; et la r&#xe9;alit&#xe9; tangible se dissipe dans un terrible brouillard.&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;De singuli&#xe8;res trou&#xe9;es oniriques, des plans de br&#xfb;me cr&#xe9;ent de belles digressions de tons : la photo passe du r&#xe9;alisme le plus franc &#xe0; la fantasmagorie nocturne et nous entraine finalement dans les limbes d&apos;un espace intemporel o&#xf9; tout se joue. Ces moments d&apos;&#xe9;tranget&#xe9; sont autant d&apos;&#xe9;clairs po&#xe9;tiques au sein d&apos;un film qui joue par ailleurs la carte du classicisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;Le pi&#xe8;ge se referme lentement sur les personnages jusqu&apos;&#xe0; sa conclusion, suffoquante. Le d&#xe9;sespoir y renvoie l&apos;&#xea;tre &#xe0; son propre &#xe9;go&#xef;sme, interdisant tout altruisme quand les individus se referment dans leur pr&#xe9;occupations, accul&#xe9;s comme des b&#xea;tes sauvages qui, dans la terreur de tout perdre, se d&#xe9;chiqu&#xe8;tent. &lt;em&gt;House of sand and fog&lt;/em&gt; illustre l&apos;iniquit&#xe9; universelle qui fissure la communication. Le cin&#xe9;ma nous a peu habitu&#xe9; &#xe0; voir confront&#xe9;es ainsi politique int&#xe9;rieure et politique ext&#xe9;rieure. Le film de Vadim Perelman &lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;pr&#xe9;sente un pays qui, plut&#xf4;t que de consolider les solidarit&#xe9;s entre les individus - entre les peuples devrait on dire - les dresse les uns contre les autres. Les personnages se manquent et n&apos;arrivent jamais &#xe0; m&#xe9;nager des rencontres et des communions au bon moment. Lorsqu&apos;ils y semblent enfin pr&#xea;ts il est trop tard. C&apos;est la consternation qui prime, dans ce drame dont les rouages repose int&#xe9;gralement sur de simples contingences mat&#xe9;rielles qui finissent cependant par an&#xe9;antir ses protagonistes. &lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;Chacun des destins contribue &#xe0; &#xe9;largir le foss&#xe9; tout d&apos;abord imperceptible entre deux modes de spiritualit&#xe9;s.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS&quot;&gt; Ce qui aurait pu &#xea;tre une rencontre prend l&apos;allure d&apos;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS&quot;&gt;une guerre, dans laquelle le&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;s d&#xe9;tresses, faute de pouvoir s&apos;accorder, s&apos;y combattent : &lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;House of sand and fog&lt;/font&gt;&lt;/em&gt; &lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;devient alors une sombre variation sur ce qu&apos;on appelle commun&#xe9;ment le &amp;quot;choc des civilisations&amp;quot;&lt;/font&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/REodL9tT0Cg&amp;amp;rel=1&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 21 Jan 2008 12:18:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le d&#xe9;sert des barbares</title><dc:creator>infernalia</dc:creator><link>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/11/7207837.html</link><comments>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/11/7207837.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://caveauxcrapauds.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7207837/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://caveauxcrapauds.canalblog.com/archives/2008/01/11/7207837.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/03/23/209286/20918926.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;193&quot; alt=&quot;the_proposition_20060328015937594_000&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/03/23/209286/20918926_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The Proposition&lt;/em&gt; plonge le western dans l&apos;immensit&#xe9; d&apos;un d&#xe9;sert australien aride et &#xe9;touffant. Noir et sauvage, le film de John Hillcoat tient tout &#xe0; la fois de l&apos;hommage &#xe0; ses classiques qu&apos;au rappel d&apos;une partie peu reluisante de l&apos;Histoire australienne. En arri&#xe8;re plan, le massacre des aborig&#xe8;nes, en sous texte une r&#xe9;flexion sur la bestialit&#xe9; humaine.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;Int&#xe9;gralement &#xe9;crit par Nick Cave dont il compose &#xe9;galement la musique, &lt;em&gt;The Proposition&lt;/em&gt; est en fait sa deuxi&#xe8;me collaboration avec son compatriote John Hillcoat, apr&#xe8;s le m&#xe9;morable &lt;em&gt;Ghosts of the civil dead. &lt;/em&gt;Une premi&#xe8;re remarque vient spontan&#xe9;ment &#xe0; l&apos;esprit : l&apos;originalit&#xe9; de cet excellent western d&#xe9;senchant&#xe9; tient pour une bonne part &#xe0; l&apos;apret&#xe9; de son d&#xe9;cor qui dote son atmosph&#xe8;re &#xe9;touffante d&apos;une dimension fantastique. En effet, les plaines arides de l&apos;Australie, les paysages qui ont nourri la magie des premi&#xe8;res oeuvres de Peter Weir, de &lt;em&gt;Picnic &#xe0; Hanging Rock&lt;/em&gt; ou de &lt;em&gt;La derni&#xe8;re vague&lt;/em&gt; g&#xe9;n&#xe8;rent dans &lt;em&gt;The proposition&lt;/em&gt; un climat mystique et primititif. La nature semble &#xea;tre ici le sanctuaire de divinit&#xe9;s silencieuses qui pr&#xe9;sident &#xe0; la d&#xe9;ch&#xe9;ance de notre esp&#xe8;ce. Ce grand d&#xe9;sert, sec, craquel&#xe9;, aux arbres squelettiques et aux nuits claires &#xe9;treint les personnages dans son immensit&#xe9;, tel un no man&apos;s land, entre monde originel et derniers temps. La magnifique bande son amplifie, de surcro&#xee;t, le bruit de la nature comme une perp&#xe9;tuelle pr&#xe9;sence invisible et mena&#xe7;ante : vent de l&apos;Exode, mouches &#xe0; conotation satanique, stridulation des criquets comme la plaie d&apos;Egypte, ou encore cr&#xe9;atures de feu annon&#xe7;ant le jugement dernier, nous voil&#xe0; ramen&#xe9; &#xe0; la symbolique de l&apos;Ancien Testament ou de l&apos;Apocalypse.&lt;br /&gt;On serait tent&#xe9; de rapprocher &lt;em&gt;The Proposition&lt;/em&gt; du r&#xe9;cent &lt;em&gt;L&apos;Assassinat de Jesse James&lt;/em&gt;, dont la bo obs&#xe9;dante accompagne &#xe9;galement la lenteur hi&#xe9;ratique d&apos;un r&#xe9;cit m&#xe9;tamorphosant les individus en &#xe2;mes damn&#xe9;es. Cependant le cin&#xe9;aste s&apos;inscrit plus dans le classicisme et le respect &#xe9;vident du genre, avec ses figures patibulaires et hirsutes. L&#xe0; ou Andrew Dominik optera pour la m&#xe9;lancolie de l&apos;errance, John Hillcoat lui pr&#xe9;f&#xe8;re la s&#xe9;cheresse et la d&#xe9;composition d&apos;un univers poisseux et sanguinolent, celui des vautours et des cadavres. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;La &amp;quot;proposition&amp;quot; du titre, c&apos;est celle que le Capitaine Stanley fait &#xe0; l&apos;un des trois fr&#xe8;res Burns : il &#xe9;pargnera le cadet Mickey si Charlie retrouve et abat l&apos;a&#xee;n&#xe9; Arthur. Celui-ci, une brute livr&#xe9;e au d&#xe9;cha&#xee;nement de ses instincts est accus&#xe9; de divers massacres et exactions. L&apos;anti h&#xe9;ro&#xef;sme de la sueur, de la crasse et du sang renvoie directement aux th&#xe9;matiques de Peckinpah ; il partage d&apos;ailleurs avec un film comme &lt;em&gt;Apportez moi la t&#xea;te d&apos;Alfredo Garcia &lt;/em&gt;ce sentiment de qu&#xea;te absurde vers le n&#xe9;ant, de personnages mis en porte-&#xe0;-faux par une pichenette du destin, qui ne luttent pas pour les bonnes causes et ne payent pas pour les bonnes raisons. S&apos;il y a r&#xe9;tribution des actes, celle-ci se trompe de personne. Cette dimension primitive, cette sauvagerie, cette sensation de moiteur et de violence sordide se rapprochent effectivement de l&apos;univers du r&#xe9;alisateur de La &lt;em&gt;Horde sauvage&lt;/em&gt;. Les yeux hagards scrutent le paysage. Les hommes divaguent au hasard vers un horizon changeant et toujours recommenc&#xe9;, sans but, presque embarrass&#xe9;s par le poids de leur corps. Toute croyance semble &#xe9;teinte, l&apos;&#xe9;nergie vitale n&apos;&#xe9;tant plus employ&#xe9;e qu&apos;&#xe0; la violence. Ne subsistent que de pauvres clowns bons &#xe0; se faire tenir en laisse comme des chiens ou &#xe0; gesticuler un couteau plant&#xe9; dans le ventre. Dans une chaleur irrespirable et une nature en d&#xe9;liquescence, un personnage d&#xe9;clame les th&#xe9;ories de Darwin pour mieux s&apos;esclaffer &#xe0; l&apos;id&#xe9;e saugrenue que l&apos;homme viendrait du singe ou que les noirs seraient des hommes. Dans &lt;em&gt;The proposition&lt;/em&gt; r&#xe8;gne chez les survivants ce sentiment d&apos;absurdit&#xe9; d&apos;une esp&#xe8;ce qui dispara&#xee;t. Tout n&apos;est qu&apos;ironie. La vie est facultative. Ne r&#xe8;gne que la loi du plus fort et la soif de subsister.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&amp;quot; Je civiliserai ce pays&amp;quot;&amp;nbsp; : cette phrase prononc&#xe9;e comme un leit motiv utopique par un Stanley &#xe9;coeur&#xe9; par le spectacle du chaos, r&#xe9;sonne avec d&apos;autant plus d&apos;ironie qu&apos;elle ne concerne que l&apos;homme blanc. Le repr&#xe9;sentant de la loi, ce bon chr&#xe9;tien, avec ses beaux habits et ses belles mani&#xe8;res, est l&apos;individu le plus abject de tous. En effet, la force subversive de &lt;em&gt;The proposition&lt;/em&gt; tient au contexte historique de l&apos;entreprise de colonisation de l&apos;Australie par l&apos;empire victorien avec l&apos;extermination des aborig&#xe8;nes : les noirs y sont donc tu&#xe9;s par poign&#xe9;es.&amp;nbsp; Les distractions sont rares et il n&apos;est pas de plaisir plus recherch&#xe9; pour tout blanc qui se respecte, quelque soit son statut social, que le spectacle d&apos;une t&#xea;te de sauvage &#xe9;clat&#xe9;e par une balle ou bien celui d&apos;un amoncellement de cadavres abattus, somme toute, pour ces chasseurs, une course aux troph&#xe9;es bien ordinaire. D&#xe9;passant la notion de genre, le message humaniste passe par la vision d&apos;exactions d&apos;autant plus terrifiantes qu&apos;elle se font dans l&apos;indiff&#xe9;rence de tous.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;em&gt;The proposition&lt;/em&gt; d&#xe9;route par son anti-manich&#xe9;isme : le spectateur a beau conna&#xee;tre la nature des assassins, violeurs, massacreurs que sont les fr&#xe8;res Burns, Hillcoat ne montre en effet pas l&apos;acte inique originel et lui oppose la d&#xe9;monstration de l&apos;autre violence, celle d&apos;une population impitoyable qui laisse libre cours &#xe0; ses pulsions&amp;nbsp; ; le Capitaine Stanley s&apos;acharne &#xe0; maintenir l&apos;ordre dans la ville et &#xe0; prot&#xe9;ger la vie du jeune fr&#xe8;re Burns, pendant que la foule ivre de vengeance le presse de le lyncher. Le cin&#xe9;aste renvoie les citoyens mod&#xe8;les et les hors-la-loi dos &#xe0; dos pour n&apos;incarner qu&apos;un seul animal : l&apos;homme. Chacun accepte son ultime mission comme s&apos;il n&apos;&#xe9;tait pas d&apos;autre sens &#xe0; son destin.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Ces personnages cass&#xe9;s, vid&#xe9;s, sans espoir ni foi avancent, somnambules sous un soleil de plomb, fant&#xf4;mes errants dans un monde mort, qui rappellent la s&#xe9;quence d&apos;ouverture de &lt;em&gt;Day of the dead&lt;/em&gt; de Romero. Ce western primitif, solaire et panth&#xe9;iste, a pour d&#xe9;cor un enfer sur terre o&#xf9; les mouches harc&#xe8;lent continuellement les dos, les t&#xea;tes, les joues. &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Dans un pessimisme proche de Conrad, c&apos;est au coeur des t&#xe9;n&#xe8;bres que nous plonge &lt;em&gt;The Proposition&lt;/em&gt;, quand il pr&#xe9;sente une humanit&#xe9; poss&#xe9;d&#xe9;e par le Mal, dans lequelle le spirituel ne s&apos;exerce plus qu&apos;&#xe0; travers le meurtre. Ainsi, le plus profond des hommes, celui qui cite les po&#xe8;tes et r&#xe9;fl&#xe9;chit sur le sens de la vie est tellement rong&#xe9; par la haine qu&apos;il en est devenu une b&#xea;te sauvage &#xe0; &#xe9;liminer. Chacun de ses actes est le signe du plus profond d&#xe9;sespoir. Tuer devient la derni&#xe8;re preuve de foi et de subversion, n&#xe9;ant d&apos;un ultime attentat contre le monde. Lorsque l&apos;intelligence priv&#xe9;e de but d&#xe9;couvre la v&#xe9;rit&#xe9; du monde et des &#xea;tres, elle s&apos;exerce dans l&apos;ab&#xee;me.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/xcmXPkzJyks&amp;amp;rel=1&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 11 Jan 2008 00:07:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>